Le yen japonais bénéficie jeudi de la perspective grandissante d’un relèvement sous peu des taux de la Banque du Japon (BoJ), tandis que la livre retient la majorité de ses importants gains de la veille.
Les analystes s’attendent à une hausse du taux directeur japonais d’un quart de point de pourcentage à l’issue de la réunion de la BoJ des 18 et 19 décembre, d’autant que de nouvelles hausses de salaires attendues dans l’archipel nippon pourraient être un facteur d’inflation.
Vers 11h40, la monnaie nippone prenait 0,24% face au billet vert, à 154,88 yens pour un dollar.
Par ailleurs, Tokyo prépare de nouvelles émissions massives de dette pour financer un plan de relance, au risque d’aviver les inquiétudes sur sa discipline budgétaire, ce qui a porté jeudi les rendements des obligations à échéance 30 ans à un nouveau plus haut historique, tandis que ceux à 10 ans ont atteint un sommet depuis 18 ans.
Or, ces taux élevés attirent les investisseurs en quête de profits.
De son côté, le billet vert s’affichait stable (+0,04%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1667 dollar pour un euro, et grignotait 0,05% à la livre sterling, à 1,3346 dollar.
Mercredi, le rapport d’ADP/Stanford Lab, qui a révélé la destruction inattendue de 32’000 emplois en novembre aux Etats-Unis, a renforcé les attentes d’une baisse des taux de la Réserve fédérale à l’issue de sa réunion des 9 et 10 décembre.
Les acteurs du marché restent aussi sur le qui-vive avant la publication vendredi de l’indice PCE d’inflation pour le mois de septembre aux Etats-Unis.
La livre conserve, elle, la majeure partie de ses gains de la veille, lorsqu’elle a bondit de plus de 1%, aidée par la faiblesse du dollar et une activité meilleure que prévue dans les services britanniques en novembre.
«Les données ont servi de déclencheur, mais le mouvement a été brutal et suggère que les traders se défaisaient de certains paris baissiers sur la livre sterling pris avant le budget», a estimé Neil Wilson, analyste de Saxo Bank.
En amont de la publication de ce budget - au final accueilli plutôt favorablement par les marchés -, les investisseurs avaient emprunté de la livre et l’avaient vendue, estimant qu’elle allait perdre de la valeur.
L’idée était de racheter la devise plus tard pour moins cher, pour rembourser le prêt initial, et de garder la différence comme bénéfice.
Sauf que cet indicateur économique favorable les a poussés à racheter des livres tout de suite.