Les bourses asiatiques tentaient de résister mercredi, guettant toujours indicateurs américains et banques centrales. Sur les marchés des changes, la roupie indienne tombait à ses plus bas niveaux historiques sous la pression de l’offensive commerciale de Washington.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a grimpé en clôture de 1,13% à 49’864,68 points, tandis que l’indice élargi Topix se repliait lui de 0,20% à 3334,32 points. La Bourse de Séoul a gagné 1,04%, Taipei 0,83% et Sydney 0,18%.
L’indice hongkongais abandonnait pour sa part 1,35% vers 07h30, dans un marché frileux et après un indicateur indépendant faisant état d’un nouveau ralentissement du crucial secteur des services en Chine. «Les actions japonaises restent imprévisibles (...) En l’absence de facteurs positifs à l’achat, les anticipations croissantes d’une hausse rapide des taux d’intérêt par la Banque du Japon (dès la semaine prochaine) devraient limiter la progression», observent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
«Les marchés asiatiques affichent aujourd’hui une tendance prudemment positive, profitant de l’élan de Wall Street, mais les conditions ne sont pas encore réunies pour une reprise généralisée», abonde Hebe Chen, analyste chez Vantage Markets, citée par Bloomberg. «Le calendrier chargé des réunions des banques centrales maintiennent les opérateurs sur le qui-vive.»
Les investisseurs continuent ainsi dans l’ensemble de limiter les prises de risques avant l’annonce d’une série d’indicateurs américains (emploi mercredi, prix à la consommation vendredi) et sur fond de spéculations quant aux prochaines décisions monétaires aux États-Unis comme au Japon lors des prochaines semaines.
Roupie indienne sous pression
Après avoir déjà lourdement trébuché mardi à des plus bas historiques, la roupie indienne continuait de s’enfoncer mercredi, tombant sous la barre symbolique des 90 roupies pour un dollar américain. Vers 07h30, elle cédait 0,45% à 90,27 roupies pour un dollar. La devise souffre de l’impasse des négociations commerciales entre Washington et New Delhi, qui est visé par une violente offensive douanière: les États-Unis imposent des droits de douane prohibitifs de 50% aux produits indiens importés.
L’Inde demeure parmi les dernières grandes économies à ne pas avoir signé d’accord commercial avec les États-Unis, même si ses dirigeants se montrent optimistes quant à une conclusion prochain d’un compromis. Dans ce contexte, les droits de douane américains pénalisent les exportateurs indiens, tandis que la vigueur des importations maintient à un niveau élevé la demande indienne de dollars: d’où la pression intense sur la roupie.
«Globalement, l’offre et la demande de dollars en Inde restent fortement déséquilibrées, sous l’effet de besoins d’importations accrus, d’un déficit courant plus important et, surtout, de la faiblesse des flux de capitaux, notamment des investissements directs étrangers et des entrées de capitaux», résume Michael Wan, analyste de la banque MUFG.
Parmi les facteurs-clé, «on trouve l’incertitude qui plane sur l’accord commercial indo-américain toujours pas annoncé (...)et l’absence d’interventions efficaces de la banque centrale (RBI), qui étaient auparavant courantes», complète Dilip Parmar, analyste chez HDFC Securities.
Sur ce dernier point, «l’inflation étant nettement inférieure aux prévisions initiales, la priorité de la politique monétaire est désormais de soutenir la croissance plutôt que de puiser dans les réserves pour maintenir un niveau artificiel» de la roupie, observe Raj Gaikar, analyste de SAMCO Securities.
Le yen avance, spéculations sur la BoJ
La monnaie japonaise progressait de 0,18% à 155,60 yens pour un dollar vers 07h30. Les investisseurs restent motivés par les propos tenus lundi par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kazuo Ueda, qui ont renforcé les attentes d’une hausse de taux dès sa réunion des 18-19 décembre.
Le rebond du bitcoin enregistré mardi, après de lourdes pertes récentes liées à l’aversion pour le risque, s’essoufflait déjà mercredi dans les échanges asiatiques. Il gagnait cependant toujours 1,77% à 93’235 dollars vers 07h30.
Le marché pétrolier lui se reprenait: le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,14% à 58,78 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,19% à 62,58 dollars.