Les Bourses asiatiques ont tenté de se reprendre mardi avant des indicateurs américains guettés plus tard cette semaine. La dette japonaise monopolise l’attention entre spéculations sur la banque centrale et inquiétudes sur la discipline budgétaire nippone.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé à l’équilibre à 49.303,45 points et l’indice élargi Topix a gagné 0,08% à 3.341,06 points. La Bourse de Séoul a, elle, grimpé de 1,90%, Taipei de 0,81%, Sydney de 0,17%, tandis que l’indice hongkongais Hang Seng engrangeait 0,16% vers 08h50.
Les places asiatiques s’étaient repliées lundi, les investisseurs limitant les prises de risques avant l’annonce d’une série d’indicateurs américains et sur fond de spéculations quant aux prochaines décisions monétaires aux Etats-Unis comme au Japon. Ce climat avait aussi vivement plombé les cryptomonnaies.
«La semaine a débuté sur une note prudente», alors que les quinze jours à venir «pourraient déterminer non seulement la fin de l’année, mais aussi le début de 2026», commente Kyle Rodda, analyste de Capital.com.
Aux Etats-Unis sont attendus mercredi le rapport mensuel sur l’emploi et vendredi l’indice des prix à la consommation pour septembre. Les investisseurs tenteront d’y déceler des signes d’essoufflement économique pouvant justifier une baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) lors de sa réunion des 9 et 10 décembre.
Dans l’immédiat, un baromètre ISM publié lundi a montré que l’activité manufacturière avait continué à se contracter le mois dernier aux Etats-Unis. «Ces données publiées hier étaient probablement globalement favorables aux investisseurs prenant des risques (...) L’ISM été plus faible que prévu» mais ne signale pas «une économie en ralentissement», et son détail «suggère que, malgré la persistance des risques inflationnistes, ceux-ci ne s’aggravent pas», souligne M. Rodda.
Nouveau record des taux nippons, le yen renforcé
Les investisseurs digèrent toujours les propos tenus lundi par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Kazuo Ueda, qui ont renforcé les attentes d’une hausse de taux de l’institution dès sa réunion des 18-19 décembre. La banque centrale «examinera les avantages et les inconvénients d’une hausse du taux directeur et prendra les décisions appropriées», a-t-il lancé.
Dans la foulée, la devise nippone s’est raffermie, avant de s’affaiblir légèrement au fil de la journée, cotant 155,80 yens pour un dollar vers 08h50. Le resserrement de la politique monétaire d’un pays est de nature à soutenir sa monnaie.
«Une hausse des taux n’est pas encore totalement intégrée aux anticipations, ce qui laisse entrevoir un potentiel de poursuite de l’appréciation du yen, sans parler des risques de baisse pour les cours des actions et des obligations», a averti Kyle Rodda.
Alors que Tokyo prépare de nouvelles émissions massives de dette pour financer un plan de relance, au risque d’aviver les inquiétudes sur son endettement et sa discipline budgétaire, les spéculations sur la BoJ ont fait grimper à nouveau les taux obligataires nippons. Signe de la défiance des investisseurs accompagnée de ventes massives d’obligations nippones, les titres à échéance 30 ans ont atteint mardi un nouveau plus haut historique.
Une émission japonaise de dette à échéance 10 ans a cependant suscité mardi une demande soutenue. Il y a aussi un effet sur les autres marchés.
«Les ventes massives constatées sur le marché obligataire souverain pour le Japon, l’Australie, le Royaume-Uni, l’UE et les Etats-Unis - et la réévaluation des taux, motivée par la forte conviction d’une hausse des taux de la Banque du Japon- ont freiné la progression des Bourses et infligé des dommages techniques importants au bitcoin», note Chris Weston, du courtier Pepperstone. Après avoir poursuivi sa chute et dégringolé de 5% lundi, le bitcoin tentait de se reprendre (+0,52% à 86.891 dollars).
Le spécialiste nippon de la robotique de précision, Fanuc, s’est envolé de 6,5% à la Bourse de Tokyo après avoir dévoilé un partenariat avec Nvidia, le champion américain des puces liées à l’intelligence artificielle (IA), dans l’objectif de promouvoir «l’IA matérielle», appliquée à des robots.
Le marché pétrolier se stabilisait mardi, toujours porté par les derniers développements géopolitiques, dont les tensions croissantes entre les Etats-Unis et le Venezuela. Vers 08h50, le baril de WTI nord-américain prenait 0,06% à 59,37 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,02% à 63,19 dollars.