La dette privée est un complément à un investissement traditionnel en actions et obligations cotées en bourse.
Dans un portefeuille, l’objectif est d’assembler des actifs qui se compensent pour limiter les replis en périodes difficiles.
Ce qui rend la dette structurellement complémentaire aux actions: une échéance, une valeur fixe, des flux de trésorerie intermédiaires sous forme de paiements d'intérêts, et une priorité plus élevée dans la structure du bilan (ce qui rend l'investissement initial plus sûr).
En Europe, la dette privée en euros finance surtout des PME en croissance, actives sur leur marché domestique ou à l’échelle européenne. Souvent trop petites pour accéder aux marchés publics, ces entreprises offrent une exposition différente au cœur de la compétitivité européenne.
Alignement des intérêts
Par nature plus directe, la dette privée met en relation emprunteurs et créanciers aux intérêts convergents, favorisant un dialogue continu. À l’inverse, actions et obligations cotées impliquent des parties prenantes nombreuses et hétérogènes, surtout en période de tension.
Résiliente
Comme le souligne Private Debt Investor, la dette privée a montré de la résilience face aux défis passés . Le suivi actif par les gérants (expertise sectorielle, accompagnement de gestion) permet d’identifier tôt les signaux d’alerte ; à l’inverse, sur la dette publique, le souscripteur disparaît souvent jusqu’à l’apparition d’un problème.
Stabilité en période d’incertitude: pensez flux de trésorerie
Certaines actions procurent des flux de trésorerie via les dividendes, mais ce n’est pas le cas des entreprises en forte croissance ni, le plus souvent, des PME. En période d’incertitude, les PME cotées sont généralement plus volatiles que les grandes entreprises qui versent des dividendes. Et les obligations? Les obligations cotées versent des intérêts, offrant des liquidités régulières lorsque les marchés sont chahutés. La dette privée, pour sa part, tend à offrir des taux supérieurs à ceux des obligations publiques de qualité comparable, en contrepartie d’une liquidité plus faible.
Et les autres actifs privés?
Et comparé au capital-investissement? Il existe bien sûr d'autres classes d'actifs privés. Le capital-investissement présente un risque intrinsèque plus élevé que la dette privée, tout comme les actions cotées en bourse présentent un risque plus élevé que les obligations cotées. Bien que le capital-investissement et la dette privée soient tous deux illiquides, la dette privée prévoit des paiements intermédiaires régulier et une date contractuelle pour le remboursement du capital, tandis que le capital-investissement ne prévoit ni l’un ni l’autre. Avec ses rendements attendus élevés, le capital-investissement a sa place dans certains portefeuilles, mais il est bien moins liquide. Si la dette privée peut être réservée à des liquidités dont l’investisseur n’a pas besoin pendant une période longue mais prévisible – dix ans par exemple – la plupart des investissements en capital-investissement doivent être considérés comme des fonds sans date d'accès prévisible. Et bien sûr, les rendements attendus ne sont rien d'autre que cela: attendus. Avec certains actifs privés ou illiquides, les rendements moyens peuvent être élevés, mais le conte de fées qui se produit parfois est contrebalancé par des pertes de capital plus importantes que sur les marchés publics. Tous ces choix – investir ou non, et en quelle proportion du portefeuille – dépendent de vos objectifs personnels en termes de couple risque/ rendement.
Vous recherchez un actif qui complétera votre portefeuille, sans le dupliquer?
Avec le nouveau produit d'investissement européen ELTIF , les gestionnaires d'actifs peuvent désormais découper des portefeuilles de ces investissements à long terme en plusieurs tailles pour les investisseurs individuels. L'UE n'autorise les gestionnaires d'actifs à proposer ces produits qu'aux personnes capables d'investir une partie de leur épargne dans des actifs non liquides et de comprendre que l'investissement durera un certain nombre d'années, en échange d'un revenu régulier attendu et d'une somme forfaitaire à la fin de l'investissement. Vous devez non seulement lire le prospectus, mais aussi vous rappeler que la dette privée est illiquide jusqu'à la date d'échéance, de sorte qu’une partie de ce rendement projeté plus élevé est obtenue en échange de cette illiquidité (également appelée «prime d'illiquidité»).
Cet article a été réalisé en collaboration avec Iris Duffillot, Investment Manager chez Kartesia.