«De nombreux» participants à la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) étaient réticents à l’idée de baisser les taux d’intérêt à nouveau lors de leur prochain rendez-vous, en décembre, selon le compte-rendu de leurs débats publié mercredi.
«De nombreux participants ont suggéré que, compte tenu de leurs prévisions économiques, il serait probablement souhaitable» de laisser les taux inchangés «pour le reste de l’année», est-il rapporté dans ce compte-rendu («minutes») de la réunion des 28 et 29 octobre.
A l’inverse, «plusieurs participants ont estimé qu’une détente additionnelle (...) serait opportune en décembre si l’économie évolue comme ils l’attendent».
La tournure de phrase laisse entendre que ceux-ci étaient alors minoritaires.
La Fed a réduit fin octobre ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, une décision qui n’a pas fait l’unanimité en son sein.
Surtout, le président de l’institution Jerome Powell a prévenu les investisseurs, d’une façon inhabituellement directe, qu’une détente supplémentaire était «loin» d’être acquise à la réunion suivante, en décembre.
Depuis, de nombreux responsables ont pris la parole, dessinant des lignes de fracture entre ceux opposés à une nouvelle baisse, ceux qui y sont clairement favorables, et ceux prônant la prudence - ces derniers semblent près de basculer dans un camp ou dans l’autre en fonction des données économiques.
Sauf que celles-ci arrivent au compte-gouttes, voire ne seront jamais publiées, en raison du «shutdown» qui a paralysé l’administration fédérale américaine pendant 43 jours (du 1er octobre au 12 novembre).
En substance, des banquiers centraux redoutent de trop laisser filer l’inflation, sans être sûrs que le marché du travail est vraiment à la peine.
«La plupart des participants ont fait remarquer que, dans un contexte d’inflation élevée et de ralentissement très progressif du marché du travail, de nouvelles baisses des taux directeurs pourraient accroître le risque de voir l’inflation rester durablement élevée ou être interprétées à tort comme un manque de volonté» des responsables à ramener l’inflation vers l’objectif de 2%, est-il relevé dans les «minutes».
Il y a un mois, une écrasante majorité des investisseurs misaient sur une nouvelle détente monétaire en décembre. Ils sont désormais minoritaires.
Les taux de la Fed, qui guident les coûts d’emprunt pour les entreprises et les particuliers, sont actuellement dans une fourchette comprise entre 3,75 et 4%.