USA/Fed: «ralentissons», plaide Austan Goolsbee après deux baisses des taux

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«L’absence de données officielles est plus problématique pour l’inflation que pour l’emploi», estime le président de la Fed de Chicago.

Un responsable de la Réserve fédérale (Fed), qui vote sur les taux d’intérêt, a estimé jeudi qu’il fallait être «prudent» et «ralentir» en raison de l’absence de données officielles sur le niveau de l’inflation.

La paralysie budgétaire aux Etats-Unis (shutdown) a suspendu la collecte et la publication par l’administration des indicateurs macroéconomiques majeurs que sont les chiffres sur les prix et l’emploi. «L’absence de données officielles est plus problématique pour l’inflation que pour l’emploi», a estimé le président de la Fed de Chicago Austan Goolsbee sur la chaîne de télévision CNBC.

«Parce que si le marché du travail commence à mal tourner, on s’en rendra compte. Ce ne sera pas vraiment le cas pour l’inflation, et cela renforce ma prudence» en matière de politique monétaire, a-t-il ajouté. «Soyons prudents et ralentissons», a-t-il aussi déclaré.

La Fed a réduit fin octobre ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée, une décision qui n’a pas fait l’unanimité en son sein. Surtout, le président de l’institution, Jerome Powell, a prévenu les investisseurs, d’une façon inhabituellement directe, qu’une détente supplémentaire était «loin» d’être acquise à la réunion suivante, en décembre.

Austan Goolsbee s’inquiète en particulier du sursaut d’inflation dans le secteur des services, observé dans les dernières données disponibles. «Il faut espérer que c’était une passade», a-t-il dit jeudi, ajoutant qu’il était «inconfortable de se trouver dans l’obscurité (faute de données, NDLR) à un moment pareil».

Il a souligné qu’il n’était pour autant pas «hawkish» (soit restrictif dans le jargon de la politique monétaire en anglais). «Je pense que les taux devraient finir par se situer un peu plus bas qu’aujourd’hui, mais on doit d’abord y voir plus clair.»

Quant à la situation sur le marché du travail, il remarque que «le taux de chômage est objectivement bas et que les licenciements sont objectivement très bas, une situation qui aurait peu de chances de se produire si nous étions au début d’une récession».

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