Les marchés asiatiques tentaient de se reprendre mercredi après leurs lourdes pertes de la veille. La prudence continuait toutefois à dominer en amont des résultats de Nvidia, avec lesquels les marchés espèrent se rassurer quant au bien-fondé des valorisations monumentales du secteur de l’intelligence artificielle (IA).
A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a ralenti sa chute, clôturant mercredi sur une perte de 0,3% à 48’537,70 points, après avoir cédé la veille 3,2%. L’indice élargi Topix s’est replié de 0,17%, à 3245,58 points. Vers 08h40, l’indice hongkongais Hang Seng reculait de 0,33%, tandis que celui de Shanghai remontait de 0,18%. L’indice composite de Shenzhen était stable.
Wall Street a de nouveau terminé en repli mardi, alors que les regards sont désormais tournés vers le géant américain des semi-conducteurs Nvidia, plus importante valorisation en Bourse au monde, dont les résultats sont attendus plus tard mercredi. «Alors que les valorisations dans le secteur de l’intelligence artificielle font l’objet d’un examen de plus en plus attentif, cette annonce pourrait constituer un facteur de risque majeur pour le sentiment général du marché», a estimé Lloyd Chan, analyste de MUFG.
Les actions de l’IA caracolent depuis des mois à des niveaux tels que les observateurs craignent que les investissements massifs dans le secteur ne soient allés trop vite, comparés aux innovations et aux retours financiers réels. «La question n’est pas vraiment de savoir si nous sommes dans une bulle» spéculative, a jugé Sonu Varghese, analyste de Carson Group. «Il s’agit plutôt de savoir combien de temps la tendance actuelle des investissements dans l’IA va durer et quelles seront les conséquences lorsqu’elle prendra fin», a-t-il ajouté, cité par l’agence Bloomberg.
Les marchés attendent également une série d’indicateurs américains, dont une jauge de l’emploi jeudi, afin de tenter de prédire les prochains mouvements monétaires de la Réserve fédérale américaine (Fed), dont une baisse de taux dès décembre semble de moins en moins probable.
La devise nippone (155,46 yens pour un dollar vers 07H05 GMT), valeur-refuge souvent prisée par les investisseurs en périodes d’aversion au risque, pâtissait des tensions entre Tokyo et Pékin après des propos de la Première ministre nippone Sanae Takaichi sur Taïwan. «L’escalade soudaine des tensions a entraîné des mesures de rétorsion de Pékin, notamment des restrictions de voyage, visant à pénaliser le lucratif secteur touristique japonais», a souligné Francesco Pesole, stratégiste devises de la banque ING.
Des discussions diplomatiques à haut niveau ont déjà lieu, «et le risque d’une nouvelle escalade semble limité. Cela suffit toutefois à alimenter les doutes sur la capacité de la Banque du Japon à relever ses taux en décembre», une décision qui favoriserait la remontée du yen, a-t-il relevé. La contraction de l’économie japonaise au troisième trimestre, annoncée lundi, et l’inflation tenace dans le pays ne sont pas non plus de nature à presser la BoJ dans son resserrement monétaire.
Les investisseurs, inquiets que le plan de relance massif que doit annoncer bientôt Mme Takaichi ne pèse davantage sur les finances publiques, continuaient par ailleurs à bouder les obligations d’Etat japonaises, alimentant la flambée des rendements.
Le bitcoin rebondissait faiblement après avoir touché la veille un plus bas depuis avril, à 89’231,51 dollars, dans un marché frileux face à des actifs perçus comme risqués. Vers 08h10, la star des cryptomonnaies s’échangeait contre 91’261 dollars.
Du côté du pétrole, vers 03h30, le baril de WTI nord-américain cédait 0,2%, à 60,62 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord perdait 0,3%, à 64,73 dollars.