Alors que depuis août 2025, la Suisse était soumise à des droits de douane de 39% sur ses exportations vers les Etats-Unis, les deux pays ont conclu un accord qui réduira les droits de douane à 15%. Cette décision intervient à la suite d’une rencontre récente entre une délégation de dirigeants suisses, dont des représentants de MSC, Rolex, Partners Group, Mercuria, Richemont et MKS, et le président Donald Trump. Cette délégation avait plaidé pour une réduction des tarifs de 39% soulignant les dommages économiques et les bénéfices mutuels d'un apaisement.
Le contexte révèle une explosion du commerce bilatéral: 117,19 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2025 (+160,28% sur un an). En 2024, les exportations américaines vers la Suisse ont atteint 25 milliards de dollars, tandis que les exportations suisses ont atteint 63,3 milliards de dollar, créant un déficit commercial américain atteignant environ 40 milliards de dollars.
Par conséquent, des droits de douane de 39% sur les importations suisses vers les Etats-Unis avait été mis en place en août. Cependant, ceux-ci ont eu un effet limité sur l'activité économique suisse, car ils se concentraient sur certains secteurs industriels. Seuls 4% des exportations suisses sont sensibles à ce protectionnisme tarifaire à court terme. En d’autres termes, la majorité des exportations, issues des secteurs pharmaceutique et aurifère, ne sont actuellement pas soumises à des droits de douane. Néanmoins, l'introduction de droits de douane américains de 39% sur les importations suisses, contre 10% auparavant, avait gravement affecté les industries orientées vers l'exportation, érodant leur compétitivité par rapport à d'autres partenaires commerciaux des Etats-Unis qui bénéficiaient de droits de douane moins élevés.
Les prévisions basées sur les droits de douane de 39% avaient tablé sur une croissance du PIB de 1,3% en 2026, après 1,1% en 2025. Avec des droits de douane de 15%, on pourrait s'attendre à une impulsion supplémentaire de croissance d'environ 0,2 à 0,3 point de pourcentage en 2026, ce qui porterait la croissance à 1,6% grâce à une reprise des exportations et à une relance des investissements privés. Ces perspectives restent néanmoins modérées en raison de la faiblesse de la demande mondiale et de la baisse des volumes sur le commerce international. Selon les enquêtes du KOF, l'activité est légèrement supérieure à sa moyenne à long terme. Les hausses salariales modérées et la forte augmentation des loyers contribuent à la faiblesse de la croissance de la demande.
Cette réduction des droits de douane à 15% va donc réduire le risque baissier sur l’économie suisse et soulagera les entreprises suisses particulièrement exposées au marché américain, particulièrement pour des secteurs comme les machines, les instruments de précisions ou la chimie. A l’annonce, l’impact sur les marchés financiers était limité. Les valeurs cycliques ou dont les exportations sont plus sensibles aux tarifs douaniers surperformaient légèrement le SMI. L’annonce a aussi soutenu l’accélération de l’appréciation du franc suisse. L’EUR/CHF est passé sous les 0,92 et l’USD/CHF sous les 0,79.