La Fed assouplit ses taux mais reste vigilante – Flash boursier de Bonhôte

Karine Patron, Pierre-François Donzé, Julien Staehli, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

1 minute de lecture

La semaine dernière a été dominée par une nouvelle inflexion monétaire aux Etats-Unis, la patience de la BCE et une trêve commerciale sino-américaine.

Powell refroidit les ardeurs

La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé son taux directeur d’un quart de point, ramenant les taux dans la fourchette 3,75-4%, par dix voix contre deux, tout en annonçant la fin de son programme de resserrement quantitatif (QT). Cette décision reflète une volonté de prévenir un durcissement excessif des conditions de financement alors que l’emploi et la consommation montrent des signes d’essoufflement.

Mais Jerome Powell a douché les anticipations d’un cycle rapide de baisses: il a jugé qu’une nouvelle réduction en décembre n’était «pas acquise», insistant sur la persistance d’un risque stagflationniste. Ses propos ont provoqué une remontée du rendement du Treasury à 10 ans à 4,11%, après un passage sous 4%. Les traders ont réduit la probabilité d’une nouvelle baisse de taux en décembre de 90% à 70%.

Dans le cadre de résultats d’entreprises très attendus, les Magnificent Seven ont connu des destins contrastés: Alphabet a publié un trimestre solide, Microsoft et Meta ont déçu sur leurs marges liées à l’investissement massif dans l’IA, Nvidia est devenue la première société à dépasser brièvement 5000 milliards de dollars de capitalisation.

La BCE a de son côté maintenu son taux directeur à 2% pour la troisième fois consécutive, estimant que les pressions inflationnistes sont contenues mais que les perspectives demeurent incertaines. Sur le plan macroéconomique, la France a surpris avec une croissance de +0,5% au T3, tirée par les exportations, tandis que l’Allemagne a stagné, échappant de justesse à la récession. Le PMI manufacturier de la zone reste sous la barre des 50, confirmant la faiblesse du cycle industriel.

Trêve commerciale sino-américaine

En Chine, le PMI manufacturier est retombé à 49,7, indiquant un recul de l’activité, et les ventes immobilières ont continué de chuter. Cependant, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping a offert une trêve partielle. Washington a réduit de moitié les droits de douane sur le fentanyl et relancé les achats chinois de soja. Pékin a suspendu pour un an les restrictions sur les terres rares et obtenu un accès partiel à certaines puces Nvidia. Cet accord limité a détendu brièvement le sentiment du marché, sans dissiper les doutes structurels sur la croissance chinoise.

Sur la semaine, le S&P500 progresse de 0,71%, le Nasdaq de 1,97%. En Europe, le Stoxx Europe 600 se replie de 0,67% et le SMI de 2,65%.

Les prochains PMI de novembre et le rapport sur l’emploi américain seront analysés de près pour évaluer le rythme de l’assouplissement monétaire de la Fed.

L’essentiel en bref

A lire aussi...