Une gestion globale de l’eau et des technologies avancées constituent des solutions pour lutter contre ce risque.
Résumé
- La pénurie d’eau mondiale s’intensifie à cause du changement climatique et de la demande croissante
- Les infrastructures intelligentes et l’irrigation de précision améliorent l’efficacité
- Les nouvelles technologies visent le traitement, la réutilisation et le dessalement de l’eau
- L’innovation est essentielle pour préserver les ressources hydriques futures dans tous les secteurs
«De l’eau, de l’eau partout, mais pas une goutte à boire.» Cette phrase de Samuel Taylor Coleridge dans «The Rime of the Ancient Mariner» décrit un marin entouré d’eau salée non potable. Aujourd’hui, ce problème existe aussi sur terre: environ 4 milliards de personnes, soit la moitié de la population mondiale, souffrent de stress hydrique au moins un mois par an.
Obtenir une réserve mondiale d’eau durable est un défi majeur. L’eau est vitale pour la vie et l’économie, et des solutions sont continuellement développées. Infrastructures améliorées, technologies avancées, systèmes intelligents, irrigation précise, nouveaux procédés de traitement et dessalement moins coûteux visent tous à réduire la pénurie d’eau.
La consommation d’eau douce grimpe vite
L’approvisionnement en eau est soumis à une pression croissante liée à la demande. Depuis 1900, l’utilisation mondiale d’eau douce a été multipliée par six, atteignant quatre mille milliards de mètres cubes par an. La Fondation Heinrich Böll avertit que la demande pourrait encore doubler d’ici 2050, principalement à cause de la croissance de la population et du changement climatique.
Les réserves d’eau souterraine ont fortement diminué ces vingt dernières années. La baisse mondiale de 16 mm en 2024 équivaut à 50 fois le volume d’eau du lac de Constance.
La surexploitation et l’élévation des températures modifient durablement le cycle de l’eau. Le nombre de mois secs augmente partout dans le monde: en 2024, on a observé 38% de mois supplémentaires avec des précipitations exceptionnellement faibles par rapport à la moyenne 1995-2005.
À l’inverse, le Global Water Monitor 2024 a constaté une hausse de 52% des jours avec des précipitations records. Des températures plus chaudes permettent à l’air de retenir plus d’humidité, ce qui entraîne davantage de pluie.
Les inondations ne favorisent pas le stockage de l’eau
Bien que les chiffres semblent contradictoires, tous signalent des difficultés pour l’approvisionnement en eau. Les inondations apportent peu d’avantages: les sols secs absorbent mal l’excès d’eau. Après les crues ou fortes pluies, une période de chaleur ou de sécheresse épuise rapidement les rivières et les lacs.
Selon l’ONU, 72% de l’eau douce sert à l’agriculture, 13% aux ménages et municipalités, et 15% à l’industrie. Malgré l’attention portée aux ménages, la consommation industrielle augmente, surtout pour le refroidissement des nouveaux centres de données alimentant l’intelligence artificielle.
«Ne pas agir contre la pénurie d’eau pourrait coûter cher à l’économie.»
Ne pas relever le défi de la pénurie d’eau risque d’avoir un coût élevé. L’Institut des ressources mondiales prévient que le PIB des pays développés pourrait baisser de 8% d’ici 2050, tandis que la Commission mondiale sur l’économie de l’eau prévoit une baisse moyenne de 10 à 15% dans les pays en développement.
Certaines solutions sont simples: une grande partie de l’eau est perdue à cause de réseaux vieillissants et de fuites. Une meilleure détection des fuites via capteurs et entretien, et des outils numériques pour surveiller et optimiser la distribution, avec des entreprises technologiques proposant compteurs intelligents et automatisation aideraient grandement à réduire la déperdition de l’eau.
L’irrigation précise fournit l’eau nécessaire au bon moment
L’agriculture mise désormais sur l’irrigation de précision, qui apporte aux plantes juste la quantité d’eau dont elles ont besoin, au bon moment. Cette technique améliore l’efficacité et le rendement, mais son coût élevé a limité son adoption. Avec la multiplication des événements climatiques extrêmes et des pénuries, son utilisation devrait s’élargir.
L’efficacité repose sur la combinaison de différentes méthodes de distribution et de suivi. Les systèmes utilisent en général plusieurs technologies: pivots intelligents, irrigation par aspersion/goutte à goutte, capteurs, IA, drones et satellites. L’irrigation de précision a généré un volume de marché estimé à 4 à 5 milliards USD l’an dernier, avec une croissance prévue de 6 à 9%.
Amélioration du traitement des eaux usées
Les stations d’épuration sont courantes, mais les efforts se concentrent désormais sur leur efficacité et sur le traitement d’une part accrue des eaux usées. C’est crucial, car l’ONU indique que 27% de la population mondiale n’a pas accès à une eau potable sûre et que 42% des eaux usées ne sont pas correctement traitées. Les progrès récents permettent d’éliminer de nouveaux polluants comme les PFAs. Les systèmes de recirculation, facilitant la réutilisation de l’eau dans le refroidissement des data centers, devraient stimuler la croissance du secteur.
Singapour incarne l’innovation dans le traitement de l’eau: 30% de ses eaux usées sont recyclées pour l’industrie, avec un objectif de 55% d’ici 2060. Le marché mondial du traitement de l’eau devrait croître de 7% par an pour atteindre environ 130 milliards USD d’ici 2033.
Amélioration des procédés de dessalement
Le dessalement de l’eau, autre procédé bien connu, va encore se développer grâce aux avancées des membranes qui permettent de filtrer l’eau et à l’utilisation accrue des systèmes de récupération d’énergie et des énergies renouvelables. Ses coûts ont diminué récemment, permettant de nouvelles baisses des coûts énergétiques totaux.
Un océan d’opportunités d’investissement
Si ces avancées n’allègent pas la détresse du marin de Coleridge, l’industrie de l’eau et ses fournisseurs proposent continuellement de nouveaux outils efficaces et abordables pour contribuer à un approvisionnement en eau douce plus durable.