
La plupart des investisseurs sont fortement exposés aux actions américaines, notamment les mega caps technologiques. Si cette exposition s’est révélée profitable ces dernières années, les investisseurs européens et suisses commencent à se tourner vers d’autres marchés pour diversifier leurs portefeuilles.
Le récit autour de l’intelligence artificielle reste puissant. Comme pour les technologies précédentes, la société et les économies généreront une valeur considérable grâce à ces outils au fil du temps. Cependant, même si les valeurs américaines de l’IA peuvent continuer à surperformer, leur poids élevé dans les indices de référence signifie qu’un investissement passif dans les marchés américains ne peut pas être considéré comme véritablement diversifié.
Cette concentration représente un risque particulier pour les investisseurs. Les portefeuilles construits sur des indices globaux tels que le MSCI World ou le S&P 500 se retrouvent ainsi avec une exposition disproportionnée à un petit nombre d’entreprises technologiques américaines. Cette situation soulève des questions en termes de diversification géographique, sectorielle et de valorisation.
Il existe de nombreuses façons de réduire ce risque de concentration. Le choix d’instruments équipondérés plutôt que pondérés par la capitalisation boursière pourrait constituer une première approche. D’autres pistes, tout aussi prometteuses, sont également à la disposition des investisseurs basés en Europe.
Les small caps américaines: une opportunité
Pour diversifier l’exposition au marché américain, il est possible de se tourner vers les actions de petite capitalisation. Le segment des small caps a longtemps été à la traîne par rapport aux grandes capitalisations, mais diverses mesures, telles que les données de recherche Google et les flux d’investissement, suggèrent désormais un regain d’intérêt pour cet univers (voir figure 1).
Figure 1: Intérêt croissant pour les small caps (tendances Google)
Le contexte macroéconomique est désormais plus favorable pour les petites capitalisations. La baisse des taux d’intérêt allégera la pression sur le refinancement pour certaines entreprises. Les équipes de gestion active spécialisées dans les small caps observent que de nombreuses sociétés ne peinent pas à se refinancer, comme on pourrait s’y attendre, car beaucoup ont connu une forte croissance nominale de leurs revenus depuis la pandémie et affichent des niveaux d’endettement stables, voire en baisse.
Les indices de petites capitalisations ont tendance à avoir une exposition plus faible aux technologies de l’information et une exposition plus élevée aux secteurs industriel et financier. Le secteur industriel devrait bien se comporter dans un cycle naissant de dépenses d’investissement, tandis que le secteur financier est bien positionné alors que les courbes de rendement se redressent et que les taux de défaut restent faibles. Ces caractéristiques sectorielles peuvent offrir une diversification bienvenue par rapport aux mega caps technologiques.
La technologie chinoise: une alternative sous-valorisée
Pour ceux qui souhaitent maintenir une exposition au thème de l’intelligence artificielle, mais à un niveau de valorisation plus attractif, la technologie chinoise mérite qu’on s’y intéresse. Une grande partie des entreprises technologiques chinoises se négocient à un prix inférieur à celui des entreprises américaines, alors que les solutions d’intelligence artificielle et la technologie des puces chinoises ne sont désormais plus très loin derrière celles des États-Unis.
Si certains investisseurs européens s’interrogent encore sur la sécurité de leur capital en Chine, les politiques de plus en plus favorables aux actionnaires et l’apaisement progressif de la situation géopolitique pourraient atténuer ces craintes. Pour les investisseurs suisses habitués à évoluer dans des environnements complexes, la Chine pourrait représenter une opportunité de diversification significative.
Figure 2: Exposition modérée des investisseurs chinois − financement sur marge sur les bourses onshore
Les investisseurs chinois ont été encouragés à investir dans les actions chinoises, ce qu’ils font effectivement, mais ces positions ne sont pas encore considérées comme surpeuplées. Ces derniers mois, les investisseurs en ETF en Europe et aux États-Unis ont également augmenté leur exposition à la Chine, reflétant une reconnaissance croissante de l’attrait relatif de ce marché.
Les grandes entreprises chinoises dont les revenus sont tirés par l’innovation technologique représentent une opportunité particulièrement intéressante. Ces sociétés qui, en termes de taille et de capacité d’innovation, sont souvent comparables aux géants américains, se négocient à des décotes significatives. Le segment des entreprises innovantes chinoises offre également une exposition à la prochaine génération de leaders technologiques, qui actuellement bénéficient du soutien du gouvernement en faveur de l’innovation et d’un marché domestique immense.