Takaichi, le retour du pari japonais

Arthur Jurus, ODDO BHF

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L’élection surprise de Sanae Takaichi à la tête du Parti libéral-démocrate a ravivé les espoirs d’un nouveau cycle de relance au Japon.

 

Le Nikkei 225 a bondi de 4,8%, porté par la perspective d’une politique économique plus expansionniste et d’un pilotage monétaire plus conciliant. Héritière d’Abenomics et fidèle du défunt Premier ministre Shinzo Abe, Takaichi promet de soutenir la consommation et l’investissement industriel tout en renforçant les secteurs stratégiques: semi-conducteurs, infrastructures, défense, énergie nucléaire. Le yen s’est affaibli de près de 2% face au dollar, reflétant la conviction des marchés qu’un soutien budgétaire prolongé remplacera, pour un temps, la normalisation monétaire attendue.

Ce retour de la politique de croissance intervient toutefois dans un contexte macroéconomique profondément différent. L’inflation dépasse depuis deux ans la cible de la Banque du Japon; les salaires progressent, les rendements obligataires se tendent, et le Japon n’est plus dans la spirale déflationniste qui justifiait autrefois une expansion illimitée. Takaichi devra concilier l’ambition de relance et la nécessité de stabilité financière. Les investisseurs anticipent désormais une trajectoire graduelle: des mesures ciblées pour les ménages et les entreprises plutôt qu’un plan massif, et une Banque du Japon qui poursuivra, lentement, la normalisation de ses taux.

Pour les investisseurs, le signal reste néanmoins favorable. Le marché japonais combine des valorisations attractives, une gouvernance d’entreprise en amélioration et une dynamique bénéficiaire alimentée par la baisse du yen. Même si le potentiel de hausse semble plus modéré que lors du premier cycle d’Abenomics, les conditions sont réunies pour une surperformance relative face à l’Europe et aux marchés émergents. Dans un portefeuille global, les actions japonaises redeviennent un point d’entrée stratégique: une exposition à une économie en transition, soutenue par un État pragmatique et un secteur privé en plein regain de compétitivité.

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