Les banques en zone euro ont resserré de manière inattendue leurs critères de crédit aux entreprises au troisième trimestre, en raison de risques accrus sur les perspectives économiques, a indiqué mardi la Banque centrale européenne, avant une réunion jeudi pour une décision sur les taux.
«Les risques perçus liés aux perspectives économiques», avec une forte incertitude sur la géopolitique et le commerce mondial, ont conduit les banques à resserrer leurs critères de crédit et à «discriminer entre les secteurs ou les entreprises pour les nouveaux prêts», indique l’institut monétaire dans son enquête trimestrielle sur le crédit bancaire.
Les banques allemandes en particulier ont resserré le crédit quand les établissements d’autres grands pays, dont la France, l’ont maintenu stable, ajoute-t-il.
La BCE regarde comment les prêts aux entreprises et aux particuliers circulent dans l’économie pour savoir si sa politique de taux d’intérêt fonctionne bien.
«Dans l’ensemble, la transmission de la politique monétaire se déroule sans problème», a déclaré mi-octobre Philipe Lane, chef économiste de la BCE, après que l’institution de Francfort a abaissé huit fois ses taux entre juin 2024 et juin 2025.
Elle les maintient depuis inchangés, à 2% pour le principal taux sur les dépôts, et ce statu quo monétaire devrait se prolonger jeudi, jour de sa prochaine réunion, selon les observateurs.
La pression pourrait néanmoins monter sur l’institution pour davantage assouplir sa politique monétaire, alors que les économistes tablent sur une croissance quasi nulle de la zone euro au troisième trimestre, selon des données attendues jeudi.
En cause, les droits de douanes américains et l’incertitude politique en France qui étouffe la demande, tandis qu’en Allemagne, le plan d’investissements massifs du gouvernement de Friedrich Merz ne devrait produire ses effets qu’à partir de 2026.
L’enquête de la BCE montre par ailleurs que la demande de prêts des entreprises a «légèrement augmenté» au troisième trimestre, soutenue par la baisse des taux d’intérêt, mais qu’elle est «restée globalement faible».
La demande de crédit a progressé en Allemagne, en Italie et en Espagne, tandis qu’elle a diminué nettement en France.
Les banques prévoient des critères et une demande de prêts des entreprises stable pour le quatrième trimestre, selon la BCE.