L’inflation au Japon a de nouveau accéléré en septembre après avoir ralenti les mois précédents, toujours tirée par le riz et l’énergie – sans enrayer les anticipations d’un statu quo monétaire de la banque centrale nippone pour l’heure.
La hausse des prix à la consommation dans le pays (hors produits frais) s’est établie le mois dernier à 2,9% sur un an, contre 3,1% en juillet et 2,7% en août, selon des chiffres du gouvernement publiés vendredi – un niveau conforme aux attentes médianes des analystes.
L’inflation reste tirée par les prix du riz, qui ont augmenté de 48,6% sur un an en septembre – ce qui marque cependant une modération après des flambées de quelque 100% en juin, 91% en juillet et environ 70% en août.
Pour contrer cette envolée sur le riz, marquée depuis l’automne 2024 et inédite depuis au moins un demi-siècle, le gouvernement japonais a puisé depuis mars dans les réserves stratégiques de riz du pays.
Après avoir décru grâce à des subventions à l’électricité et au gaz apportées par les autorités, les prix de l’énergie sont pour leur part à nouveau repartis à la hausse en septembre, le prix de l’électricité augmentant de 3,2%.
Or, si l’on exclut également l’énergie, la hausse des prix à la consommation a légèrement ralenti à 3,1% sur un an en septembre, après une hausse de 3,3% en août.
L’inflation dépasse donc toujours nettement l’objectif de 2% de la Banque du Japon (BoJ).
Pour autant, selon la majorité des analystes sondés par Bloomberg, l’institution devrait se retenir de remonter ses taux lors de sa réunion la semaine prochaine, dans un contexte d’incertitude politique après l’arrivée au pouvoir toute récente de Sanae Takaichi.
Première femme à gouverner le Japon, Mme Takaichi a été désignée mardi au poste de Premier ministre par les parlementaires nippons.
Elle est connue pour défendre un soutien musclé à l’économie via des dépenses publiques accrues – notamment subventions et rabais fiscaux – tout en encourageant des baisses de taux de la part de la BoJ.
Or, pour contrer le retour de l’inflation, la BoJ avait au contraire entamé en mars 2024 un resserrement de ses taux, après dix ans de politique monétaire ultra-accommodante – elle a suspendu cette dynamique après janvier dernier face à l’assombrissement de l’horizon économique.
L’archipel, longtemps guetté par la déflation, est confronté depuis le printemps 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation, au-delà de 2%.