Les bourses mondiales avançaient mardi, les investisseurs se focalisant sur les nombreuses publications de résultats d’entreprises. Les métaux précieux, or, argent et platine trébuchaient en revanche, sur fond de prises de bénéfices.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,64%, inscrivant un nouveau sommet historique en séance à 8271,48 points, mais aussi en clôture, à 8258,86 points. La place de Francfort a gagné 0,29%, Londres 0,25% et Milan 0,60%. Malgré un sursaut en fin de séance, la Bourse suisse a elle vu son indice phare SMI clôturer sur un repli de 0,1%.
A Wall Street, vers 18h30, le Dow Jones prenait 0,07%, l’indice Nasdaq lâchait 0,34% et l’indice élargi S&P 500 0,13%. Les investisseurs se concentrent sur les résultats, la saison des publications d’entreprises étant propice aux «grosses amplitudes de mouvement après les annonces» des sociétés cotées, explique Guillaume Chaloin, directeur de la gestion actions de Delubac AM.
Pour Christopher Dembik, conseiller en investissement de Pictet AM, «jusqu’à présent, ça se passe très bien. Aux États-Unis, 58 entreprises représentant 17% des bénéfices du S&P 500 ont déjà publié. Dans 76% des cas, elles ont dépassé les attentes - c’est nettement plus que la moyenne à long terme à 68%».
Le secteur aéronautique américain est à l’honneur mardi. L’entreprise américaine d’aéronautique et de défense RTX (+8,26% à Wall Street) a réalisé des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre grâce à une demande «solide» pour ses produits militaires, et a relevé ses prévisions pour l’ensemble de l’année.
Le groupe GE Aerospace (+1,68%), né de la scission l’an dernier du conglomérat General Electric, a de nouveau révisé à la hausse ses prévisions pour 2025, après un troisième trimestre dopé par un secteur aérien en pleine croissance.
Parmi les poids lourds annonçant leurs résultats mardi, figurent Netflix, après la fermeture de Wall Street, mais aussi le géant américain des sodas Coca-Cola (+0,60%), qui a annoncé des résultats pour le troisième trimestre meilleurs qu’escompté et a confirmé ses prévisions pour l’année complète.
Le constructeur automobile américain General Motors (+15,28%) a annoncé des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre, amputés néanmoins par une charge liée aux véhicules électriques, et a revu à la hausse plusieurs objectifs pour 2025.
Enfin, le cigarettier Philip Morris International (-7,21%) était boudé malgré ses résultats dépassant les anticipations des analystes, et le groupe de défense américain Lockheed Martin perdait 2,76%.
Ventes massives des métaux précieux
«Après une progression spectaculaire vers de nouveaux sommets historiques, l’or a finalement trébuché», note Fawad Razaqzada, analyste de marché chez City Index. Pour Guillaume Chaloin, les actifs qui ont enregistré de fortes performances sur l’année subissent un phénomène saisonnier de «rattrapage». Les investisseurs vont prendre des bénéfices sur les actifs ou indices qui ont affiché de fortes hausses, et «vont réinvestir ces flux sur des titres où on estime qu’ils ont beaucoup plus de potentiel de hausse».
L’or avait en effet connu «des semaines de hausse ininterrompue», le poussant de records en records jusqu’à atteindre un nouveau sommet historique lundi à 4381,52 dollars l’once, rappelle Fawad Razaqzada. L’analyste attribue cette forte correction à «l’espoir d’un accord prolongé entre les États-Unis et la Chine pour maintenir la trêve commerciale, réduisant la demande d’actifs refuges».
La reprise du billet vert avec les espoirs d’apaisement des tensions commerciales pèse également sur les métaux précieux, libellés en dollars. Au plus bas en séance, l’or a perdu 6,3%, à 4082,03 dollars l’once, une baisse plus atteinte depuis avril 2013, selon Bloomberg, en raison à l’époque d’un ralentissement inattendu de la croissance chinoise.
Le cours de l’argent a aussi lourdement chuté mardi, dans le sillage du métal jaune, les investisseurs engrangeant des bénéfices sur les métaux précieux après leurs récents sommets. Le prix de l’once d’argent (31,1 g) est tombé à 47,8914 dollars, après avoir dévissé de plus de 8,6%, sa plus lourde chute depuis 2021, d’après Bloomberg.
«Les marchés surchauffaient quelque peu compte tenu des niveaux atteints, de sorte qu’un retournement n’a rien de surprenant», souligne Daniela Sabin Hathorn, analyste principale des marchés pour Capital.com.
Vers 18h30, l’once d’or perdait 5,48% à 4117 dollars et celle d’argent cédait 7,11% à 48,72 dollars.
Sur le marché des changes, le billet vert prenait 0,22% face à l’euro, à 1,1616 dollar pour un euro.