Terres rares: au cœur de la défense et de l’I.A.

Arthur Jurus & Giacomo Bozzola, ODDO BHF

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Les contrôles à l’exportation annoncés début octobre par la Chine sur les terres rares ont ravivé les tensions commerciales avec les États-Unis.

Les nouvelles règles exigent que les entreprises étrangères obtiennent l’approbation de Pékin pour exporter des aimants et des matériaux semi-conducteurs contenant des traces de terres rares d’origine chinoise ou fabriqués selon des procédés chinois. Cette mesure rappelle la règle américaine du «foreign direct product*» qui vise à bloquer l’exportation de produits fabriqués à l’étranger à l’aide de technologies, logiciels ou équipements américains.

Cette mesure marque surtout la volonté de Pékin d’étendre son influence réglementaire au-delà de ses frontières, et de profiter de la dépendance américaine aux exportations chinoises. La Chine contrôle 70% de l’extraction mondiale de terres rares, 90% du traitement et 93% de la fabrication d’aimants. Son nouveau régime de licences, qui entrera en vigueur le 1er décembre, prévoit le refus quasi systématique des exportations à usage militaire et un examen au cas par cas pour les semi-conducteurs.

En réponse, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100% sur les importations chinoises et a envisagé d’annuler un sommet prévu avec Xi Jinping. Il a accusé la Chine de vouloir «prendre le monde en otage» grâce à sa position dominante sur les terres rares, qui sont essentielles aux smartphones, véhicules électriques et systèmes d’armement avancés. En outre, le Pentagone a accéléré la constitution de stocks stratégiques, avec jusqu’à 1 milliard de dollars d’achats prévus. Les documents officiels révèlent des plans d’acquisition de cobalt, antimoine, tantale, scandium et autres métaux auprès de sources nationales et alliées. Ces matériaux sont cruciaux pour les radars, les systèmes de détection de missiles et la plupart des technologies militaires modernes. La loi «One Big Beautiful Bill Act» prévoit 7,5 milliards de dollars pour les minéraux critiques, dont 2 milliards pour le stock stratégique et 5 milliards pour renforcer les chaînes d’approvisionnement.

A moyen et long-terme, ces récentes annonces confirment le rôle stratégique des terres rares qui sont au cœur des deux secteurs qui ont concentré les meilleures performances boursières en 2025: la défense et l’intelligence artificielle.

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