L’ex-magnat autrichien de l’immobilier René Benko jugé pour fraude

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Dans ce premier procès, qui doit durer deux jours au tribunal d’Innsbruck, le fondateur du groupe Signa est poursuivi pour avoir dissimulé environ 660’000 euros d’actifs aux créanciers.

L’ancien magnat de l’immobilier autrichien René Benko a comparu mardi devant le tribunal d’Innsbruck pour fraude en marge de l’insolvabilité de son ancien empire, une accusation pour laquelle il risque jusqu’à dix ans de prison.

M. Benko, autrefois l’un des hommes les plus riches d’Autriche, a fondé en 2000 l’empire immobilier Signa, dont l’immense portefeuille incluait le Chrysler Building de New York et plusieurs chaînes de grands magasins.

Sa faillite en 2023 a été la plus importante de l’histoire du pays et les créanciers, notamment aux Émirats arabes unis et en Thaïlande, réclament des milliards d’euros au groupe.

Pour l’instant, le parquet a renvoyé le fondateur devant la justice pour deux séries de fraudes supposées et c’est la première qui est jugée à Innsbruck.

Dans ce premier procès, qui doit durer deux jours, l’homme d’affaires de 48 ans est poursuivi pour avoir dissimulé environ 660’000 euros d’actifs aux créanciers.

D’après l’accusation, il aurait offert 300’000 euros à sa mère fin 2023 pour assurer la continuité de son train de vie. Il aurait aussi effectué un paiement anticipé pour le loyer, comme pour les charges de sa villa.

Maintenu en détention à Vienne depuis janvier, il a été transféré dans sa région du Tyrol pour son procès placé sous haute sécurité et très médiatisé.

Vêtu d’un costume noir au cours de l’audience, qui s’est achevée après environ deux heures, René Benko a balayé des «allégations» du parquet et a refusé de répondre aux questions.

Il a plaidé non coupable.

Le verdict pourrait être rendu dès mercredi, selon une porte-parole.

L’autre procès prévu, dont la date n’a pas encore été indiquée, concerne une fraude sur de l’argent liquide ainsi que des montres de luxe et des boutons de manchette, pour une valeur totale de 370’000 euros.

En tout, le parquet enquête sur quatorze volets distincts et les procureurs continuent de décortiquer les comptes de Signa, qui comptait plus de 1130 entreprises dans plusieurs pays.

Plus d’une douzaine d’autres suspects font également l’objet d’une enquête sur l’insolvabilité, avec des dommages actuellement estimés à environ 300 millions d’euros, selon les procureurs.

Plusieurs investisseurs demeurent encore inconnus.

Parmi les membres des conseils de surveillance des entreprises de René Benko figuraient l’ancien chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer et l’ancienne vice-chancelière d’extrême droite Susanne Riess-Hahn.

L’ex-milliardaire avait aussi pris des participations dans le tabloïd influent Kronen Zeitung.

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