L’OPA hostile de BBVA sur Sabadell alimente le débat en Espagne

AWP/AFP

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Le directeur général de BBVA Onur Genç martèle que sa banque va «clairement dépasser les 50% d’acceptation» nécessaires pour prendre le contrôle de Sabadell. Mais le camp d’en face balaye l’optimisme de sa concurrente.

La tension est montée mercredi entre les banques espagnoles BBVA et Sabadell, à moins de trois jours de la clôture de l’offre publique d’achat (OPA) hostile lancée par la première sur la deuxième, dont le résultat, incertain, sera rendu le 17 octobre.

Cette opération, qui valorise Sabadell à environ 17 milliards d’euros, pourrait permettre la création d’un géant européen du secteur capable de rivaliser avec les mastodontes tels que Santander, HSBC ou BNP Paribas.

Mais elle a suscité ces derniers mois des réticences au sein du gouvernement espagnol de gauche de Pedro Sánchez, qui craint une réduction de la concurrence.

Les actionnaires de Sabadell, quatrième banque du pays, ont jusqu’à vendredi 23:59:59 (21:59:59 GMT) pour accepter ou refuser l’offre de BBVA, deuxième établissement bancaire national, qui leur propose un échange d’actions.

L’annonce du résultat de l’opération, qui demeure très imprévisible en raison de la multitude de petits actionnaires de Sabadell, est «prévue» le vendredi 17 octobre, a annoncé dans l’après-midi le gendarme boursier espagnol (CNMV) dans un communiqué.

«Les décisions découlant de ce résultat seront communiquées au marché le même jour», a poursuivi la Commission nationale du marché des valeurs.

Le gendarme boursier espagnol semblait ne pas avoir l’intention de communiquer sur le sujet, mais elle l’a fait «compte tenu des informations contradictoires concernant les prochaines étapes relatives à l’OPA».

Jeu de dupes

Les spéculations et les tensions sont vives autour de ce dossier brûlant, qui a pris une tournure politique en Espagne. Ces derniers jours, les responsables de BBVA et de Sabadell se sont ainsi succédé dans les médias pour faire valoir leurs arguments.

Mercredi, le directeur général de BBVA, Onur Genç, a martelé dans un entretien au quotidien économique Expansión que sa banque allait «clairement dépasser les 50% d’acceptation» nécessaires pour prendre le contrôle de Sabadell.

Il s’appuie notamment sur le signal positif pour BBVA envoyé par David Martínez, un homme d’affaires mexicain membre du conseil d’administration et principal actionnaire individuel de Sabadell, qui a annoncé publiquement soutenir l’OPA.

Mais dans le camp d’en face, Sabadell, qui cherche à faire échouer l’opération, balaye l’optimisme de sa concurrente. «Impossible» que BBVA réussisse à racheter plus de 50% du capital, a affirmé mardi son directeur général, César González-Bueno.

D’autant plus que l’assureur Zurich Insurance, deuxième actionnaire de Sabadell, a expliqué mardi à l’AFP renoncer à l’OPA, car «elle ne constitue pas une proposition intéressante».

Dans ce jeu de dupes étalé sur la place publique, mais largement encadré par les règles de la CNMV, tous les moyens semblent bons pour faire avancer ses pions.

La semaine dernière, BBVA et Sabadell s’étaient accusées auprès de la CNMV de «mauvaises pratiques». Mardi, le groupe bancaire d’origine catalane a demandé à l’organisme boursier de veiller «à ce qu’il n’y ait pas de manipulation du marché».

L’OPA hostile de BBVA sur Sabadell, lancée le 8 septembre, a suscité depuis le début l’opposition du gouvernement espagnol.

Tout en lui accordant un feu vert, il lui a imposé des conditions draconiennes, en empêchant de facto toute fusion entre les deux entités bancaires durant au moins trois ans.

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