L’activité manufacturière en Chine s’est contractée en septembre pour le sixième mois consécutif tout en restant légèrement supérieure aux prévisions, selon des chiffres officiels publiés mardi, signe de difficultés persistantes du géant asiatique.
La crise prolongée du secteur immobilier, un fort taux d’endettement des collectivités locales et un chômage élevé chez les jeunes pèsent depuis plusieurs années sur la consommation, le tout aggravé par une guerre commerciale lancée par Washington depuis le début de l’année.
Dans ce contexte, l’indice des directeurs d’achat (PMI) de l’activité manufacturière s’est établi à 49,8 en septembre, selon le Bureau national des statistiques (BNS).
Ce chiffre est inférieur à la barre des 50 points, qui marque le seuil entre contraction et expansion.
Il est toutefois en hausse de 0,4 points par rapport au mois précédent et supérieur à la prévision des analystes interrogés par l’agence Bloomberg (49,6).
«La dynamique de l’économie reste faible au troisième trimestre», écrit dans une note Zhiwei Zhang, économiste en chef du cabinet Pinpoint Asset Management.
Mais «les exportations ont jusqu’ici fait preuve d’une résilience surprenante cette année et ont en partie compensé la faiblesse de la demande intérieure», ajoute l’expert.
Signe positif, l’indice composite des directeurs d’achat, qui agrège activité manufacturière et services, a grimpé à 50,6 points en septembre, traduisant une expansion globale de l’activité.
Cette amélioration est également observée par l’enquête indépendante RatingDog-S&P Global, publiée mardi, qui note une expansion de l’activité manufacturière en septembre (51,2 points).
Cette étude sonde principalement de petites et moyennes entreprises, tandis que le chiffre officiel se concentre sur les grands groupes industriels étatiques, ce qui explique les écarts entre les deux indices.
L’Etat-parti chinois s’est fixé un objectif ambitieux «d’environ 5%» de croissance pour cette année.
Mais celui-ci est compliqué par une consommation des ménages morose et l’offensive commerciale lancée par le président américain Donald Trump, qui pèse sur le commerce extérieur chinois.
«Etant donné que la croissance du PIB a dépassé 5% au premier semestre, le gouvernement pourrait tolérer un ralentissement au second semestre», conclut Zhiwei Zhang.