L’or a culminé à un nouveau record cette semaine, porté par l’intensification des tensions géopolitiques entre les pays de l’Otan et la Russie et les anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed).
L’once d’or (31,1 g) a atteint mardi un plus haut à 3791,10 dollars, confirmant son statut de valeur refuge face à l’escalade des risques géopolitiques.
«L’Otan a averti la Russie mardi qu’elle utiliserait tous les outils militaires et non militaires nécessaires pour se défendre, tandis que le président Trump a modifié sa rhétorique en affirmant que l’Ukraine pourrait récupérer tout le territoire occupé par la Russie avec le soutien de l’UE et de l’Otan», souligne J.P. Steiner, analyste chez ADM Investors Services.
Le métal jaune bénéficie aussi de l’assouplissement de la politique monétaire engagé par la Réserve fédérale américaine Fed.
Mi-septembre, la Fed a abaissé ses taux pour la première fois de l’année et les acteurs du marché prévoient deux autres baisses de taux -d’un quart de point chacune- en octobre et en décembre, selon l’outil de veille CME Fedwatch.
Des taux plus bas réduisent l’attrait du dollar, incitant les investisseurs à se tourner vers d’autres valeurs refuges comme l’or.
Structurellement, l’investissement en or des banques centrales ou des opérateurs de marché via des produits de placement comme les ETF «continue de soutenir les cours de l’or», note M. Steiner.
Vers 14H15 GMT (16H15 à Paris), l’once d’or s’échangeait à Londres à 3772,43 dollars, contre 3685,30 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le cuivre électrisé
Le cours du cuivre a bondi cette semaine, au plus haut depuis mai 2024 à la Bourse des métaux de Londres à 10’485 dollars la tonne, après une rupture des livraisons d’un opérateur du marché important en Indonésie.
Le prix du métal industriel a augmenté «de près de 5% en réaction à la nouvelle selon laquelle l’exploitant de l’importante mine de Grasberg en Indonésie a déclaré un cas de force majeure sur ses livraisons contractuelles», explique Thu Lan Nguyen, analyste de Commerzbank.
Cette nouvelle a fait peser la crainte d’une pénurie sur le marché, renforcée par des mesures proposées en Chine pour contrôler «l’expansion des fonderies» dont la trop forte concurrence a fait plonger les revenus de l’activité dans le pays, précise J.P. Steiner, analyste chez ADM Investors Services.
Le cuivre, métal essentiel à l’industrie et étroitement corrélé à la conjoncture des grandes économies comme la Chine et les États-Unis, a aussi profité de la perspective d’une Fed plus accommodante.
L’OCDE a en outre relevé sa prévision de croissance mondiale pour 2025, à 3,2% contre 2,9% en juin, ce qui soutient les anticipations de demande en métaux industriels.
Toutefois, les derniers chiffres du groupe d’étude international du cuivre (ICSG) montrent que «la production minière au cours des sept premiers mois de cette année s’est mieux développée que les années précédentes», tempère Thu Lan Nguyen.
Vendredi, sur le LME, une tonne de cuivre coûtait 10.198 dollars vendredi, contre 9.989 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le cacao moins haut
Les cours du cacao cèdent du terrain cette semaine, avec des anticipations de récoltes favorables en Afrique de l’Ouest.
«Le fabricant de chocolat Mondelez a récemment déclaré que le dernier décompte des cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest était supérieur de 7% à la moyenne sur cinq ans», souligne Rich Asplund, analyste du site Barchart.
La récolte principale en Côte d’Ivoire devrait commencer le mois prochain, et «les agriculteurs sont optimistes quant à la qualité de la récolte», précise M. Asplund.
Or, la Côte d’Ivoire et le Ghana fournissent à eux deux plus de la moitié de la production mondiale de cacao, respectivement 36% et 10% selon l’Organisation internationale de cacao (ICCO).
A Londres, la tonne de cacao pour livraison en décembre valait 4.872 livres vendredi, contre 5.055 livres une semaine plus tôt en fin de séance.
A New York, la tonne pour livraison le même mois s’échangeait à 6.921 dollars, contre 7.243 dollars vendredi dernier à la clôture.