L’or bat record sur record ces dernières semaines, et celle qui s’achève n’a pas dérogé à la règle, le métal jaune profitant des anticipations de baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed), avant de redescendre un peu de son sommet.
«Suite à des données décevantes sur le marché du travail américain en début de mois, une baisse des taux d’intérêt de 0,25 point de pourcentage» s’annonçait comme «quasiment certaine, certains spéculant même sur une baisse plus importante de 0,50 point», relève Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.
L’once d’or a atteint mercredi le prix inédit de 3707,57 dollars, après que la Fed a opté pour la première option, la plus attendue, ramenant ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 4% et 4,25%.
Des taux plus faibles pénalisent le rendement du dollar, ce qui pousse les investisseurs à se tourner vers d’autres valeurs refuges, telles que l’or.
De plus, «les attaques sans précédent du président américain Trump contre l’indépendance de la Fed» alimentent les doutes du marché quant à la fiabilité des actifs américains comme le billet vert, ajoute M. Fritsch.
Pour ces mêmes raisons, l’argent a touché mardi un nouveau plus haut depuis septembre 2011, à 42,9720 dollars l’once.
Mais par la suite, «la prudence de la Fed concernant les futures baisses de taux a limité les gains» des métaux précieux, indique à l’AFP Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.
Il mentionne en particulier la conférence de presse au cours de laquelle le président de l’institution, Jerome Powell, «a exprimé ses inquiétudes quant aux pressions inflationnistes liées aux droits de douane».
Vers 14H25 GMT (16H25 à Paris), l’once d’or (31,1g) s’échangeait à Londres à 3663,10 dollars, contre 3643,14 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
L’aluminium ferraille
Plus fort en début de semaine, le cours de l’aluminium a ensuite baissé en raison de données économiques plus faibles que prévu en Chine.
Le métal argenté a d’abord profité d’un plus grand nombre de demandes de livraison physique à la Bourse des métaux de Londres (LME), ce qui réduit les stocks dans les entrepôts et restreint de fait l’offre disponible d’aluminium sur le marché.
Mais la croissance de la production industrielle et celle des ventes au détail en Chine ont ralenti en août davantage qu’attendu, symptômes des difficultés persistantes de la deuxième économie mondiale, selon des données officielles publiées lundi.
Et la santé économique de la Chine, à la fois le premier producteur et le premier consommateur d’aluminium, influence directement la demande du métal et explique ainsi la baisse cette semaine.
Par ailleurs, «le potentiel de hausse des prix de l’aluminium est limité», affirme Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank.
Elle note notamment que «le niveau toujours élevé de la production d’aluminium en Chine indique une bonne situation en matière d’approvisionnement».
Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûtait 2671,50 dollars vendredi, contre 2689,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Le cacao douché
Les cours du cacao cèdent du terrain cette semaine, avec de la pluie en Côte d’Ivoire et au Ghana favorable à la culture des fèves.
«Davantage de pluies et d’orages sont probables la semaine prochaine dans les principales régions cacaoyères d’Afrique de l’Ouest», souligne Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.
Le risque de sécheresse durable s’éloigne donc ce qui favorise les attentes d’une meilleure récolte à venir en Afrique de l’Ouest.
Or, la Côte d’Ivoire et le Ghana fournissent à eux deux plus de la moitié de la production mondiale de cacao, respectivement 36% et 10% selon l’Organisation internationale de cacao (ICCO).
Cependant, les mauvaises récoltes précédentes ont fait baisser la part de ces pays depuis les précédentes estimations et «l’Equateur devrait devenir le deuxième producteur mondial de cacao, détrônant le Ghana dans le classement», évoque Jack Scoville, analyste chez Price Futures Group.
A Londres, la tonne de cacao pour livraison en décembre valait 5034 livres vendredi, contre 5106 livres une semaine plus tôt en fin de séance.
A New York, la tonne pour livraison le même mois s’échangeait à 7231 dollars, contre 7420 dollars vendredi dernier à la clôture.