Le dollar perdait du terrain vendredi à cause d’un mouvement technique après s’être renforcé ces derniers jours grâce à des indicateurs économiques américains meilleurs qu’attendu.
Le billet vert «a connu l’une de ses meilleures semaines depuis un certain temps (...) nous assistons probablement à des prises de positions juste avant le week-end», commente auprès de l’AFP Shaun Osborne, de Scotiabank.
Vers 18H50 GMT, le dollar reculait de 0,30% par rapport à la monnaie unique, à 1,1702 dollar pour un euro et de 0,48% contre la livre, à 1,3410 dollar pour une livre.
La devise américaine a touché jeudi son plus haut niveau depuis le début du mois de septembre.
«Certaines données suggèrent que l’économie américaine se maintient plutôt bien, du moins à première vue», explique M. Osborne.
Vendredi, les chiffres de l’inflation en août sont ressortis conformes aux attentes (+2,7% sur un an), selon l’indice officiel PCE et les revenus personnels ont augmenté plus qu’anticipé, de même que la consommation des ménages.
La troisième estimation du produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre aux Etats-Unis, publiée jeudi, s’est également avérée meilleure que la précédente, à 3,8% contre 3,3% en rythme annualisé.
Les premières demandes hebdomadaires d’allocations chômage ont, elles, diminué, revenant à leur plus bas niveau depuis mi-juillet.
«Le dollar s’est renforcé hier grâce à ces indicateurs», résume M. Osborne.
Les cambistes attendent désormais plusieurs données sur le marché du travail américain, qui seront publiées la semaine prochaine, dont le rapport sur l’emploi non-agricole vendredi.
«Ces chiffres seront particulièrement importants» car ils pourraient influencer «la politique monétaire» de la banque centrale américaine (Fed), estime Shaun Osborne.
L’institution monétaire a abaissé la semaine dernière ses taux directeurs pour la première fois de l’année, d’un quart de point de pourcentage, pour faire face à l’affaiblissement du marché de l’emploi.
Pour le moment, les acteurs du marché s’attendent à ce que ces taux diminuent d’un demi-point d’ici la fin de l’année.
Mais une fracture s’est nettement dessinée en début de semaine au sommet de la Réserve fédérale, entre les défenseurs assumés d’une détente des taux et les partisans de la prudence, soucieux de la hausse des prix.