Les Bourses asiatiques sont sans élan jeudi dans la foulée d’un essoufflement des marchés mondiaux après leur récente poussée, tandis que l’action du grand constructeur automobile chinois Chery fait une introduction vrombissante à Hong Kong.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a clôturé en petite hausse de 0,27% à 45’754,93 points et l’indice élargi Topix de 0,47% à 3’185,35 points.
La Bourse de Séoul en revanche a cédé 0,03%, Sydney a gagné 0,1% et Taipei a lâché 0,66%. L’indice hongkongais Hang Seng progressait de 0,09% vers 06h30 GMT.
Les marchés asiatiques ont hésité au gré d’échanges volatils au lendemain d’une séance morose à Wall Street, qui a soufflé après ses récents records, plombée par le recul de capitalisations géantes de la tech.
Certains titres japonais liés à l’intelligence artificielle se sont affichés eux aussi en berne jeudi, à l’instar d’Advantest (-2,43%) ou Screen Holdings (-0,42%).
«Les actions japonaises connaissent un mélange d’achats et de ventes: les indices boursiers américains ont chuté hier», mais «les anticipations de nouvelles baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale américaine (Fed) se sont quelque peu atténuées», encourageant un renforcement du dollar, observent les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
Par ailleurs, les investisseurs guettent la campagne des candidats à la succession du Premier ministre japonais démissionnaire Shigeru Ishiba, qui promettent dans l’ensemble un soutien accru à l’économie pour contrer l’inflation.
Parmi les favoris, la nationaliste Sanae Takaichi «cherche à se démarquer de ses positions soutenant une politique monétaire conciliante (...) tout en restant prudente quant au rythme des hausses de taux de la Banque du Japon (BoJ), avertissant qu’un resserrement agressif pourrait décourager les investissements dans les nouvelles technologies», commentent les analystes de MUFG.
Chery Auto décolle à Hong Kong
Chery Automobile, constructeur chinois majeur et partenaire de Jaguar Land Rover, a fait jeudi une entrée fracassante à la Bourse de Hong Kong, une introduction lui permettant de lever 9,1 milliards de dollars hongkongais (près de 1 milliard d’euros).
Le titre fraîchement coté s’est envolé de plus de 11% peu après l’ouverture.
Le groupe est l’un des principaux exportateurs chinois de voitures, très populaire notamment en Asie du Sud-Est.
«Il devrait y avoir une demande de la part des investisseurs cherchant à s’exposer au potentiel des groupes automobiles chinois en particulier sur les marchés émergents où Chery connaît un grand succès», commente Eugene Hsiao, de Macquarie Capital, cité par Bloomberg.
C’est l’une des dernières entreprises en date de Chine continentale à se coter à Hong Kong, dopant sa Bourse. Le géant minier chinoise Zijin Gold International entend y lever 2,7 milliards d’euros lors de sa cotation le 29 septembre.
A Taipei, le champion du vélo Giant déraille
A la Bourse de Taipei, le fabricant de vélos Giant, mastodonte international du secteur, s’est effondré de presque 9% en séance.
Les douanes américaines ont annoncé interdire l’importation des vélos Giant fabriquées à Taïwan pour cause de «travail forcé» présumé : «Giant a tiré profit de ces abus, produisant des marchandises à un prix inférieur à la valeur marchande», a indiqué l’autorité américaine, sans autres détails.
L’entreprise a annoncé jeudi vouloir déposer une requête pour demander la révocation de l’ordonnance et assuré être «fermement engagé à respecter les droits de l’homme et la protection des travailleurs».
Le yen tente de rebondir
Vers 06h30 GMT, la monnaie japonaise regagnait 0,06% face au billet vert, à 148,81 yens pour un dollar.
Le dollar continuait d’évoluer au gré des déclarations contradictoires des responsables de la Fed sur de prochaines variations de taux à l’approche de la publication des allocations hebdomadaires de chômage américaines.
L’or, de son côté, gagnait 0,19% à 3743 dollars l’once, restant ferme non loin de ses récents sommets historiques.
Le marché pétrolier retombait après avoir fortement grimpé la veille, dopé par la perspective de sanctions américaines et européennes contre Moscou, qui font craindre des perturbations de l’approvisionnement en brut russe.
Vers 06h30 GMT, le baril de WTI nord-américain perdait 0,38% à 64,74 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,33% à 69,08 dollars.