Les Bourses asiatiques hésitaient mercredi, refroidies par des propos du président de la banque centrale américaine (Fed), tandis qu’Alibaba s’envolait à Hong Kong sur fond d’investissements dans l’intelligence artificielle (IA).
Les Bourses prudentes face à la Fed
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a fini en hausse de 0,30% à 45.630,31 points, et l’indice élargi Topix de 0,23% à 3.170,45 points, inversant la tendance au terme d’une séance volatile.
La Bourse de Séoul a, elle, lâché 0,40%, Taipei 0,19% et Sydney 0,92%.
Une semaine après que la Fed a procédé à sa première baisse des taux depuis décembre 2024, les responsables de l’institution envoient des signaux contrastés sur de nouveaux abaissements.
Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a mis en garde mardi contre des baisses «trop soutenues» des taux qui feraient déraper l’inflation.
«Jerome Powell a jeté un seau d’eau froide, rappelant que la Fed continue de jouer un rôle ingrat d’équilibriste entre le ralentissement du marché du travail d’un côté et les effets inflationnistes des droits de douane de l’autre», souligne Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Autre risque, selon lui: alors que l’essor de l’intelligence artificielle «est devenue l’étoile polaire des valorisations boursières (...) si le rythme des investissements (des géants de la tech) s’essouffle, toute la constellation IA pourrait s’affaiblir» et plomber les marchés.
L’IA fait briller la caverne d’Alibaba
A Hong Kong, où les échanges étaient maintenus malgré le typhon Ragasa, l’indice Hang Seng résistait (+1,29% vers 06H30 GMT), porté par les valeurs technologiques.
De fait, le géant chinois de l’internet Alibaba s’y envolait de plus de 7% après des déclarations de son PDG Eddie Wu, qui a confirmé l’accroissement massif des investissements dans les infrastructures d’IA .
«Le rythme de développement du secteur a largement dépassé nos prévisions (...) Nous poursuivons activement l’investissement de 380 milliards de yuans (45 milliards d’euros) dans les infrastructures IA» annoncé en février, «et prévoyons d’en ajouter davantage», a-t-il dit.
«La consommation énergétique des centres de données mondiaux d’Alibaba Cloud sera multipliée par dix d’ici 2032, par rapport à 2022», a-t-il ajouté.
A Tokyo, les déclarations d’Alibaba tout comme l’annonce d’un investissement majeur de l’américain Nvidia dans OpenAI ont contribué à faire décoller le mastodonte des investissements technologiques SoftBank (+5,96%).
Yen en léger recul, la politique nippone scrutée
La monnaie nippone fléchissait de 0,30% face au billet vert vers 06H30 GMT, à 148,10 yens pour un dollar.
Le marché scrute les propositions des cinq candidats pour succéder au Premier ministre démissionnaire Shigeru Ishiba, au sein du Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur).
Face à une croissance économique atone, «ils visent tous à stimuler la demande intérieure en évitant les turbulences sur les marchés», observent les analystes de Nomura.
Parmi les favoris, la nationaliste Sanae Takaichi veut s’appuyer sur des recettes fiscales excédentaires pour contrer l’inflation, sans exclure des émissions de dette accrues. Shinjiro Koizumi affiche aussi sa volonté de soutenir l’économie mais en maintenant la discipline budgétaire.
L’or reprend son souffle après un nouveau record
Après avoir atteint un nouveau sommet mardi à 3791,10 dollars l’once, l’or reprenait son souffle mercredi, à 3771 dollars, après les commentaires de Jerome Powell.
Pour autant, les étoiles sont alignées pour que le métal jaune -traditionnelle valeur refuge- continue d’étinceler.
Ainsi, «les marchés digèrent les informations selon lesquelles la Chine vise à devenir dépositaire des réserves d’or souveraines étrangères afin de renforcer son rôle sur le marché mondial», ce qui «pourrait impliquer un assouplissement des restrictions à l’importation», observent les experts de Standard Chartered.
Les tensions géopolitiques, du Moyen-Orient à l’Ukraine, continuent aussi de porter les métaux précieux.
Le président américain Donald Trump a ainsi jugé mardi que les pays de l’Otan devraient abattre les appareils russes violant leur espace aérien.
Il a également réitéré ses menaces envers Moscou si la Russie ne concluait pas d’accord pour mettre fin au conflit avec l’Ukraine, et a appelé les Européens à cesser d’acheter du brut russe.
Ce qui a fait bondir les cours du pétrole, avant qu’ils ne se stabilisent mercredi: vers 06H30 GMT, le baril de WTI nord-américain était stable (+0,05% à 63,44 dollars) comme celui de Brent de la mer du Nord (+0,01 à 67,64 dollars).