Une pression fructueuse – Flash boursier de Bonhôte

Karine Patron, Julien Staehli, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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La Réserve fédérale a procédé à sa première baisse de taux depuis décembre 2024. Cette inflexion contraste avec l’attentisme de la BCE la semaine précédente et le probable statut quo de la BNS cette semaine.

La Fed réduit ses taux

La décision de la Fed de réduire ses taux de 25 points de base, à 4 – 4,25%, marque un tournant monétaire. Jerome Powell l’a qualifiée de «risk management cut», soulignant que le marché du travail, et non plus l’inflation, devient désormais la priorité.

Cette orientation s’explique par la faiblesse du rapport sur l’emploi d’août, qui n’a affiché qu’une maigre création de 22’000 postes, un niveau bien en deçà du seuil estimé nécessaire pour absorber la croissance de la population active. Si les inscriptions hebdomadaires au chômage se sont légèrement repliées, le marché reste trop fragile pour soutenir une croissance robuste. Paradoxalement, la Fed a simultanément révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025, illustrant l’équilibre délicat entre résilience économique et tensions liées à l’emploi.

Les indicateurs conjoncturels ont apporté un peu de répit: les ventes au détail ont progressé de 0,6% en août, nettement au-dessus des attentes, tandis que l’indice manufacturier de Philadelphie a bondi à son plus haut niveau depuis janvier. Sur les marchés, la détente monétaire a porté les indices américains à de nouveaux records, emmenés par les géants de la technologie et les semi-conducteurs. Le secteur des petites capitalisations a également bénéficié d’un regain d’appétit pour le risque. Le dollar a reculé face aux devises européennes et au franc suisse.

Inflation sous-jacente trop forte en zone euro

En Europe, le contraste est net. L’inflation est ressortie stable à 2% en août, en ligne avec l’objectif de la BCE. L’inflation sous-jacente est confirmée à 2,3%, un niveau encore trop élevé pour justifier un assouplissement monétaire. La banque centrale devrait donc maintenir sa politique inchangée, au risque d’accentuer l’écart avec la Fed. Les marchés n’ont que partiellement profité du rallye américain. Les valeurs exportatrices, en particulier dans l’automobile et les biens d’équipement, souffrent du ralentissement de la demande mondiale et de la hausse persistante des coûts énergétiques et des intrants. Le secteur technologique reste en retrait par rapport à ses homologues américains, faute de relais clairs dans l’IA et les semi-conducteurs. L’énergie, notamment les renouvelables, demeure soumise aux fluctuations du gaz et du marché du carbone, qui alimentent la volatilité.

La BNS devrait maintenir son taux directeur à 0% lors de sa réunion de fin septembre, l’inflation domestique restant faible et parfaitement maîtrisée. Pourtant, le contexte extérieur pèse lourdement. Les droits de douane de 39% imposés par Washington sur les produits suisses fragilisent les exportateurs, déjà confrontés à l’appréciation du franc.

Sur la semaine écoulée, le S&P 500 gagne 1,19%, le Nasdaq de 2,22% et le Stoxx Europe 600 perd 0,13% et le SMI se de 0,69%. La semaine à venir sera dominée par la publication du PIB final américain, des commandes de biens durables et la décision de la SNB.

L’essentiel en bref

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