Le développement durable reste un facteur clé pour les PDG

Communiqué, Bain & Company

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La rhétorique s’éloigne d’une approche principalement réglementaire ou morale pour se rapprocher d’une vision de la durabilité liée à la création de valeur commerciale, selon une étude de Bain & Company.
  • Jusqu'à un quart des émissions industrielles de CO₂ peuvent déjà être réduites par des mesures économiquement rentables.
  • L'intelligence artificielle (IA) et les centres de données pourraient générer jusqu'à 810 millions de tonnes de CO₂ par an d'ici 2035, soit environ 2% des émissions mondiales.
  • De plus en plus d'entreprises B2B préfèrent des fournisseurs durables.
  • Un tiers des consommateurs adopte quotidiennement six habitudes durables ou plus.

Malgré des débats publics parfois controversés sur les thèmes ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) au cours des douze derniers mois, le développement durable demeure un facteur clé de succès pour les entreprises. C’est ce que souligne la troisième édition de l'étude The Visionary CEO's Guide to Sustainability 2025 réalisée par le cabinet de conseil international Bain & Company. Une analyse de plus de 35'000 déclarations faites par des PDG de 150 entreprises de premier plan dans le monde entre 2018, 2022 et 2024 révèle une évolution nette: la rhétorique s’éloigne d’une approche principalement réglementaire ou morale pour se rapprocher d’une vision de la durabilité liée à la création de valeur commerciale.

Un climat plus rentable est déjà possible

Le potentiel est immense, comme le prouve l’étude. Les analyses de Bain montrent qu’il est déjà possible de réduire 25% des émissions mondiales de CO₂ grâce à des mesures économiquement rentables. Cela inclut des actions telles qu’une meilleure efficacité énergétique, l’économie circulaire ou des chaînes d’approvisionnement régionales. Parallèlement, les entreprises doivent anticiper les prochaines étapes. Ainsi, 32% supplémentaires des émissions peuvent être réduites grâce à des leviers qui, à moyen terme, ont le potentiel de renforcer le retour sur investissement (ROI). Cependant, la vitesse de cette évolution dépend de la réglementation, des progrès technologiques et du comportement des consommateurs.

«Après des années de grands objectifs et d’engagements ambitieux, de plus en plus de PDG soumettent leur agenda de durabilité à un examen de réalité», souligne Karl Strempel, partenaire chez Bain et responsable du groupe de pratique Sustainability & Responsibility en Suisse, en Allemagne et en Autriche. «Aujourd’hui, les actions comptent plus que les paroles. Nos analyses montrent où il est économiquement judicieux d’investir et avec quelles stratégies les entreprises peuvent avancer vers leurs objectifs zéro net.»

La durabilité devient un critère d'achat dans le secteur B2B

Les entreprises B2B associent de plus en plus rentabilité et durabilité. Selon une enquête récente de Bain auprès de plus de 750 clients commerciaux dans le monde, issus des secteurs de l’automobile, de l’emballage, de la chimie, de la construction mécanique, du métal et de la construction, la moitié d’entre eux indique qu’ils achètent déjà plus souvent auprès de fournisseurs durables. Près de 70% prévoient d'augmenter ces achats au cours des trois prochaines années.

Les responsables commerciaux ayant une vision directe de la performance des produits durables accordent également une priorité claire à cette question – en particulier dans les entreprises à forte croissance. 90% de ces pionniers s'attendent à un impact commercial positif de la durabilité dans les trois prochaines années, contre seulement 60% des retardataires. Le fossé est le plus marqué en Amérique et en Inde, tandis qu’il est moins important en Europe en raison de cadres réglementaires plus favorables.

L’IA accélère la durabilité, mais son développement a un coût

En parallèle, l’utilisation de l’IA prend de l’ampleur. Les entreprises utilisent cette technologie pour identifier des opportunités d’amélioration de l'efficacité énergétique ou pour réduire les déchets, accélérant ainsi l'atteinte de leurs objectifs de durabilité. Cela est confirmé par une enquête menée auprès de 400 cadres supérieurs dans neuf pays, dont les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l’Inde. Près de 80% estiment que l’IA a un potentiel important à contribuer à leur agenda de durabilité. Cependant, plus de la moitié d’entre eux se trouve encore dans les premières étapes avec des projets pilotes. Les 20% des entreprises les plus avancées – principalement dans les secteurs technologique et manufacturier – utilisent l’IA trois fois plus fréquemment dans leurs initiatives de durabilité que leurs homologues moins avancées, et se concentrent presque trois fois plus sur la création de valeur à long terme.

Mais la mise à l’échelle de l’IA a un prix. L’outil de modélisation économique et climatique INTERSECT de Bain montre que l’IA et les centres de données, dans un scénario de forte croissance, pourraient générer jusqu’à 810 millions de tonnes de CO₂ par an d’ici 2035, soit environ 2% des émissions mondiales et 17% des émissions industrielles. Aux États-Unis, la part des émissions industrielles liées à l’IA passerait de 18% en 2022 à plus de 50% d'ici 2035. «Les centres de données sont très gourmands en énergie – dans les pays fortement dépendants des énergies fossiles, l'empreinte carbone augmente considérablement», explique Deike Diers, partenaire chez Bain et experte en durabilité dans le bureau de Zurich. «L'Europe, en revanche, bénéficie de son passage relativement rapide aux énergies renouvelables.»

La transparence et l’innovation, clés de la réussite

Dans le secteur B2C, une situation similaire se profile. Une enquête récente menée par Bain auprès de 14'000 consommateurs dans neuf pays a révélé que 80% d’entre eux considèrent la durabilité comme un critère important, malgré les incertitudes géopolitiques et la hausse du coût de la vie. Près d’un tiers d’entre eux adopte déjà six habitudes durables ou plus au quotidien, telles que la réduction de la consommation d’énergie, le recyclage ou l’achat de produits locaux. 70% souhaitent d’ailleurs intensifier leurs efforts, un phénomène qui se manifeste quel que soit la région ou la démographie.

Cependant, les coûts et le manque d’information restent les principales barrières à un comportement de consommation durable, selon l’étude de Bain. Bien que les consommateurs américains soient prêts à payer en moyenne 13% de plus pour des produits durables, les prix de marché sont souvent bien plus élevés. De plus, l’accès à l’information reste un obstacle: environ la moitié des personnes interrogées dans le monde estime ne pas être suffisamment informée. L’IA générative pourrait aider à résoudre ce problème. Plus de la moitié des utilisateurs d'outils d’IA générative comme ChatGPT l’utilisent pour vivre de manière plus durable. Un tiers d’entre eux s’en sert pour obtenir des recommandations de produits écologiques. «Les entreprises doivent comprendre ce qui est réellement important pour leurs clients. Celles qui innovent et proposent des prix justes peuvent se différencier stratégiquement», conclut Karl Strempel. «Durabilité et succès économique ne sont pas incompatibles – au contraire. Les entreprises visionnaires s’assurent des avantages concurrentiels et façonnent l’avenir.»

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