La Fed réenclenche une détente prudente

François Rimeu, La Française, Crédit Mutuel Asset Management

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La Réserve fédérale (Fed) devrait réduire son taux directeur de 25 points de base (pb) en septembre, après l’avoir laissé inchangé depuis décembre.

Les signes de fragilisation du marché de l’emploi s’intensifient. A l’inverse, l’inflation repart sur les biens comme sur les services et s’éloigne davantage de la cible de 2% que le chômage de son objectif. La banque centrale devrait toutefois relativiser cette poussée, considérant les pressions tarifaires comme temporaires. L’attention se tourne désormais vers l’après-septembre, avec la mise à jour du «dot plot» incluant les prévisions pour 2028 et la probable participation de Stephen Miran au comité de politique monétaire (FOMC), en attente de confirmation par le Sénat. 

Nos attentes:

  • Le taux des fonds fédéraux serait ramené à 4,00%–4,25%, avec un large consensus au sein du comité. Cette décision reflète l’affaiblissement du marché du travail, l’absence de flambée des prix des biens et la dissipation partielle des incertitudes commerciales.
  • La Fed resterait dépendante des données pour ajuster sa trajectoire.
  • Le Résumé des perspectives économiques (SEP) devrait être légèrement révisées notamment pour 2025 et 2026: croissance un peu plus modérée, chômage au-delà de 4,5% en 2026, et inflation inchangée avec un core PCE attendu au-dessus de 3% d’ici la fin de l’année, convergeant graduellement vers 2% en 2027.
  • Dans ce contexte, le ralentissement de l’activité et du marché de l’emploi plaide pour un assouplissement monétaire plus marqué que celui anticipé en juin, conduisant à un taux terminal plus bas d’ici 2027.   
    - 2025: une nouvelle baisse à 3,9%.
    - 2026: deux nouvelles baisses à 3,4%
    - 2027: une nouvelle baisse à 3,1%, proche du taux de long terme à 3%
    - 2028: taux stable.

En résumé, la Fed amorcerait une baisse mesurée de ses taux en septembre. Le marché du travail resterait au centre de ses préoccupations tandis que la remontée de l’inflation, liée à la politique commerciale américaine et jugée temporaire, ouvrirait la voie à une normalisation plus rapide vers un niveau neutre. 

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