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C’est avec sa cape d’invincibilité bien en place sur les épaules que le marché aborde cette semaine de Fed. Les étoiles sont alignées comme rarement en faveur des taureaux, même la météo s’en mêle avec un baroud d’honneur de l’été. La dette de la France est dégradée par Fitch? Même pas peur répondent les intervenants, qui ont probablement déjà intégré cela dans les prix. En parallèle, ô vexation suprême, les dettes de l’Espagne et du Portugal (vous savez, ces pays à l’époque dits du « Club Med ») sont relevées par S&P et Fitch, le coq boude ce matin mais l’humeur du marché n’en a cure, MC Jerome & Co vont nous concocter une de ces party d’enfer mercredi soir, enfin on espère.
Le Nasdaq100 (NDX) clôture la semaine sur un 25e record historique cette année, porté par l’anticipation d’une baisse prochaine des taux de la Fed. Il enregistre avec le S&P500 (SPX) un gain hebdomadaire de près de 2%, tandis que le Dow Jones recule de 0,6% vendredi après avoir franchi 46’000 points la veille. Le narratif qui gonfle les voiles du navire acheteur ne change pas, c’est avant tout l’essor de l’intelligence artificielle qui propulse les “Magnificent Seven” (Amazon, Alphabet, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) au-dessus de 20’000 milliards de dollars de capitalisation cumulée. Marquons une pause voulez-vous et arrêtons-nous sur ce chiffre: 20'000 milliards de dollars. Les esprits taquins préciseront que ce montant ne constitue que 20 fois le salaire que Tesla ambitionne de payer à Elon Musk. D’autres rappelleront que la capitalisation boursière cumulée des bourses de Londres, Paris, Francfort, Madrid, Milan et Suisse s’élève à 12'300 milliards de dollars. Une autre planète vous dis-je. En parallèle, les adeptes d’une comparaison avec la bulle dot.com de la fin des années nonante devraient se souvenir que la trajectoire des bénéfices des entreprises concernées est significativement différente aujourd’hui.
On redescend sur terre pour atterrir à Wall Street où l’appétit marqué pour le risque nourrit aussi une vague d’introductions en bourse, comme celle de Gemini Space Station (+14% pour sa première séance), alors que l’optimisme sur les taux s’accroît après la chute de la confiance des consommateurs américains à un plus bas de quatre mois vendredi, laissant les marchés anticiper quasi-certainement une baisse d’un quart de point, voire d’un demi-point mercredi soir. Néanmoins, les craintes de stagflation persistent avec un ralentissement de la croissance, une inflation tenace et un chômage en hausse, Charles Schwab rappelle que le marché mise sur un scénario très favorable mais reste exposé à des risques, tandis que l’or évolue proche de son record, ce matin à 3637 dollars l’once.
L’indice S&P500 équipondéré (SPW) sous-performe assez nettement le SPX vendredi, le breadth du jour est clairement négatif, les volumes d’échanges reculent, c’est une séance sponsorisée par les géants de la tech, le reste de l’armée se repose en plaine. La volatilité ne bouge guère et reste faible, le pétrole n’y arrive toujours pas, le baril de WTI Light Crude traite à 63.03$, deux forces s’opposent sur les prix du brut : d’un côté un surplus attendu d’ici 2026 lié à l’offre abondante de l’Opep+ et à une demande modérée, de l’autre les tensions géopolitiques et les sanctions visant le pétrole russe qui soutiennent les cours. Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans US vient tester son important support de 4.00% jeudi, pour rebondir ensuite et traiter ce matin à 4.07%, tandis que la paire eur/usd poursuit son combat de rue avec sa moyenne mobile à 50 jours, cours du moment 1.1740 contre la 50 dma à 1.1659. La Fed sera-t-elle l’arbitre de cette rixe ?
A ce sujet, qui vous savez prédit une « grosse baisse » de la Fed cette semaine, ben voyons…
Le Wall Street Journal (WSJ) se penche sur le marché et son comportement du moment, en décrivant le phénomène du « run it hot », pari dominant à Wall Street consistant à miser sur un rebond économique grâce aux baisses de taux attendues de la Fed et aux réductions d’impôts, plutôt que sur une récession. Selon le WSJ cette logique a propulsé les actions, le bitcoin, l’or et d’autres actifs à des records, malgré un marché du travail affaibli et les effets négatifs des tarifs douaniers. Le Dow Jones a dépassé 46’000 points et les valeurs technologiques dites risquées (Nvidia, Tesla, Palantir, Opendoor) attirent fortement les investisseurs particuliers. Les partisans de cette stratégie estiment que l’assouplissement monétaire et budgétaire va soutenir l’économie et les profits des entreprises. Mais certains experts, comme Bob Elliott ou David Kelly (J.P. Morgan), se montrent sceptiques : une croissance trop lente pourrait décevoir, et une baisse des taux peut aussi être interprétée comme un signe de crainte de récession, décourageant les emprunts. Les obligations d’État (Treasurys) ont fortement progressé, reflétant les anticipations de taux plus bas, tandis que l’or bat des records, porté par les craintes d’inflation et d’incertitudes économiques. En parallèle, la vigueur de la consommation (voyages, restaurants) suggère que la faiblesse de l’emploi pourrait venir de facteurs comme l’immigration, plutôt que d’un ralentissement général. L’essor de l’intelligence artificielle soutient aussi la dynamique boursière, avec de grands contrats (comme chez Oracle) alimentant l’optimisme. Toutefois, des doutes persistent : le marché anticipe un redémarrage clair de l’économie, mais rien ne prouve encore que cette reprise soit réellement en cours, selon le WSJ.
Sur le plan macroéconomique, le secrétaire au Trésor Bessent doit rencontrer cette semaine à Madrid des responsables chinois, en amont d’un possible sommet sino-américain prévu plus tard cette année. Parallèlement, Pékin met en garde le Mexique contre une hausse des tarifs sur les produits chinois, mesure que le président des Etats-Unis pousse à adopter. Côté données, l’enquête préliminaire de l’Université du Michigan publiée vendredi montre une baisse de la confiance des consommateurs et des anticipations, notamment chez les ménages à faibles et moyens revenus. L’inflation anticipée à un an reste à 4,8%, tandis que celle à cinq ans progresse à 3,9% (encore en dessous du pic de 4,4% atteint en avril). Bloomberg indique par ailleurs que Rick Rieder de BlackRock gagne du terrain parmi les candidats potentiels pour remplacer Powell à la tête de la Fed.
Le président américain déclare être prêt à imposer des sanctions sur le pétrole russe si les pays de l'OTAN font de même.
Au menu macro-économique du jour, aux Etats-Unis, l'indice d'activité Empire State sera publié à 14h30.
Les actionnaires de Nestlé demandent la démission du président du conseil d'administration en raison des turbulences au sein de la direction, révèle le FT. La triple dose d'un médicament de Novo Nordisk entraîne une perte de poids de 19% dans les essais, indique le FT. Le CEO de Unitedhealth a rencontré le secrétaire général de la Maison-Blanche pour discuter de l'assurance-maladie, selon le WSJ. Le président de Tesla affirme que la rémunération de 1’000 milliards de dollars poussera Musk à faire des "choses impossibles", indique-t-il au FT. Robby Walker, responsable de l'intelligence artificielle et de la recherche chez Apple, quitte le fabricant de l'iPhone, selon Bloomberg. CATL flambe de 7% à Hong Kong et touche un record depuis son IPO en mai dernier.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé et proches de l’équilibre. Tokyo est fermée, Hong Kong égare 0.05%, Shanghai recule de 0.26%, Séoul prend 0.35% et le Nifty50 perd 0.04%. Le future SPX grappille 0.1% tandis que l’Europe ouvre en progression de 0.5%.
L'activité économique chinoise a ralenti plus que prévu pour le deuxième mois consécutif, avec une forte baisse des investissements. La production industrielle a augmenté de 5,2% en août par rapport à l'année précédente, soit moins que prévu. Les ventes au détail et les prix des logements anciens ont été moins bons que prévu. Il est probable que les décideurs politiques mettent en place de nouvelles mesures de relance, selon l’agence Bloomberg.