L’euro se maintient mercredi, malgré la chute du gouvernement lundi en France, où le nouveau Premier ministre, nommé mardi soir, doit résoudre l’épineuse question budgétaire.
Le président Emmanuel Macron a nommé mardi soir Sébastien Lecornu à ce poste, et la passation de pouvoir avec son prédécesseur François Bayrou se tiendra mercredi à midi à Matignon.
«Il semble peu probable que les réductions budgétaires d’ampleur souhaitées par Bayrou se concrétisent», aussi «le déficit français devrait rester élevé pendant un certain temps», estime Kathleen Brooks, de XTB.
Dans ses prévisions publiées mardi, la Banque du France anticipe une croissance de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) français au troisième trimestre, progressant au même rythme que le trimestre précédent, mais son chef économiste a souligné la «grande incertitude» de cette prévision.
La France est également sous la menace d’une dégradation de sa note par l’agence Fitch vendredi.
Malgré une hausse des taux des obligations françaises, «l’euro ne semble pas affecté par les événements en France», car «les fluctuations les plus importantes proviennent actuellement du dollar» et la chute du gouvernement «lundi était prévisible», estime Antje Praefcke, de Commerzbank, et déjà intégrée par les marchés.
Autre raison de garder son calme selon l’analyste, «dans le pire des cas, la Banque centrale européenne (BCE) agirait probablement comme un +prêteur en dernier ressort+, comme elle l’a fait lors de la crise de la zone euro».
Les acteurs du marché s’attendent à ce que la BCE laisse ses taux inchangés jeudi à l’issue de sa réunion, face à un chômage bas et une inflation évoluant à sa cible dans la zone euro.
Vers 09H35 GMT (11H35 HEC), la monnaie unique européenne s’affichait stable par rapport à la devise américaine (+0,02%), à 1,1711 dollar, et faiblissait de 0,08% face à la livre britannique, à 86,47 pence pour un euro.
Le dollar évolue dans une fourchette restreinte avant la publication plus tard dans la séance de l’inflation des prix à la production (PPI) en août aux Etats-Unis, qui offrira un avant goût de l’indice des prix à la consommation (CPI), attendu jeudi.
Pour sa part, l’or progressait de 0,58% à 3.6447,60 dollars l’once (31,1g).
Mardi, le métal jaune a atteint un nouveau record à 3.674,27 dollars l’once, «cette fois-ci grâce à la demande de valeur refuge suite à l’escalade des tensions au Moyen-Orient», explique Mme Ozkardeskaya.