L’or a touché un nouveau record mardi, surfant sur le climat d’incertitudes politiques dans le monde et les perspectives de baisses des taux américains. L’euro ressort, lui, relativement épargné de la chute du gouvernement français.
Renversé par les députés français lundi, François Bayrou doit remettre à la mi-journée sa démission au président de la République. Emmanuel Macron sera alors en charge de lui trouver un successeur, son cinquième Premier ministre depuis le début de son deuxième quinquennat en 2022.
«Les marchés s’interrogent sur la capacité du futur gouvernement à progresser sur la question des coupes budgétaires», au risque de faire exploser la dette nationale, remarque Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Mais vers 11h50, la monnaie unique européenne lâchait à peine 0,02% face à la devise américaine, à 1,1767 dollar pour un euro, et reculait de 0,24% face à la livre britannique, à 86,62 pence pour un euro.
Cette réaction modérée de l’euro «suggère que les actualités françaises (...) sont déjà intégrées dans les prix du marché», déduit Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank.
Ce climat incertain bénéficie à l’or, qui a touché mardi un nouveau record à 3.659,36 dollars l’once.
Surtout, le renforcement des attentes de baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) «provoque une flambée du cours de l’or», qui «profite également de la faiblesse du dollar, qui ne constitue pas une valeur refuge» actuellement, constate Mme Brooks.
La devise japonaise gagnait pour sa part 0,74% à 146,41 yens pour un dollar, portée par des informations de l’agence Bloomberg affirmant que les responsables de la Banque du Japon n’excluent pas une nouvelle hausse de taux cette année, malgré les troubles politiques qui agitent le pays.
Au Japon, le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir désignera son nouveau chef et futur Premier ministre le 4 octobre, après la démission dimanche de Shigeru Ishiba.
De son côté, la devise argentine a dévissé lundi de plus de 5%, touchant un nouveau plus bas officiel face au billet vert de 1.436,97 pesos pour un dollar, en réaction au net revers du parti du président ultralibéral Javier Milei lors d’élections provinciales.
«Ce résultat électoral, bien pire que ce que laissaient présager les prévisions, souligne la vulnérabilité politique de Javier Milei à quelques semaines seulement d’élections» législatives nationales «de mi-mandat cruciales le 26 octobre», explique John Plassard, analyste de Cité Gestion.