La BCE devrait maintenir son taux directeur à 2,00% lors de sa réunion de jeudi. Les données économiques récentes confirment dans l’ensemble les projections du mois de juin établies par les services de la BCE, à savoir une croissance résiliente et des progrès continus en matière de désinflation.
Points clés
- La BCE devrait largement maintenir sa politique monétaire inchangée cette semaine. L’attention du marché se portera donc sur les nouvelles prévisions économiques ainsi que sur les signaux concernant l’orientation future de la politique monétaire.
- Les données disponibles étant globalement conformes aux projections de juin, les révisions des prévisions de la BCE découleront probablement de nouvelles hypothèses techniques (euro plus fort et prix de l’énergie plus bas), de l’accord commercial révisé entre l’UE et les États-Unis et d’hypothèses budgétaires actualisées.
- En conséquence, les nouvelles projections devraient montrer une légère révision à la hausse de la croissance, une inflation inférieure aux attentes en 2026 et une inflation proche de la cible d’ici 2027. Les responsables de la BCE continuent d’exprimer leur confiance dans le fait que l’inflation est en bonne voie pour atteindre 2% à moyen terme.
- Nous prévoyons peu de changements dans la communication officielle. Le Conseil des gouverneurs devrait réaffirmer son approche fondée sur les données, tandis que la présidente Lagarde devrait souligner que la politique monétaire est « bien calibrée » mais que la BCE reste prête à réagir à toute évolution des perspectives.
- La plupart des membres du Conseil des gouverneurs ont indiqué que la politique monétaire est « toujours bien calibrée » et que l’inflation est sur la bonne trajectoire pour atteindre 2% à moyen terme. Les messages récents indiquent clairement qu’il existe peu d’appétit pour un assouplissement monétaire dans un avenir proche.
Détails
- Perspectives de croissance: Le PIB du T1 a été révisé à la hausse à 0,6% (contre 0,3% dans les projections de juin), principalement en raison de la performance de l’Irlande et d’une activité commerciale anticipée. Le PIB du T2 a progressé de 0,1%, légèrement en dessous de la projection de juin (0,2%). Cette faiblesse est conforme à notre analyse selon laquelle l’anticipation des droits de douane au premier trimestre commencerait à se résorber. Nous anticipons qu’un affaiblissement de l’activité mondiale et une incertitude politique persistante pèseront sur la demande au second semestre.
- Marché du travail: Le taux de chômage a reculé à 6,2% en juillet, contre 6,3% en juin. Nous prévoyons un affaiblissement du dynamisme du marché de l’emploi, dans un contexte de croissance modérée et de signaux de ralentissement issus des enquêtes prospectives. Les salaires négociés ont fortement augmenté au T2, passant de 2,5% à 4,0% en glissement annuel. Toutefois, cette hausse s’explique entièrement par des effets de base défavorables. Nous continuons à anticiper un ralentissement de la croissance salariale vers des niveaux compatibles avec l’objectif de la BCE, et l’indicateur salarial de la BCE suggère une baisse sous les 2% d’ici la fin de l’année.
- Inflation: L’estimation rapide de l’IPC pour août fait état d’une inflation globale et sous-jacente de 2,1% et 2,3% respectivement. L’inflation des services a reculé à 3,1%, son plus bas niveau depuis plus de trois ans. L’inflation évolue désormais autour de niveaux compatibles avec la cible depuis plusieurs mois. Le risque d’une sous-performance de l’inflation d’ici fin 2026 augmente, compte tenu d’une croissance légèrement inférieure à la tendance et d’une normalisation de la croissance salariale (attendue en baisse supplémentaire). La force de l’euro exercera également une pression désinflationniste sur les prix des biens.
- Projections des services de la BCE: Les projections de septembre intégreront trois mises à jour principales en plus des tendances actuelles: un euro plus fort et des prix de l’énergie plus bas, un accord commercial révisé entre l’UE et les États-Unis et des hypothèses budgétaires actualisées.
- Commentaires de la BCE: La plupart des membres du Conseil des gouverneurs ont indiqué que la politique monétaire est correctement calibrée et que l’inflation est en bonne voie pour atteindre 2% à moyen terme. Le gouverneur Makhlouf (Irlande) a noté que l’inflation s’était stabilisée, tandis que le gouverneur Kazimir (Slovaquie) a qualifié la sous-performance de l’inflation de temporaire. Isabel Schnabel, membre du directoire, a estimé qu’il n’y avait « aucune raison » d’ajuster la politique, le président de la Bundesbank Nagel a souligné qu’il n’y avait « pas beaucoup d’arguments » en faveur d’un changement, et le gouverneur Kazaks (Lettonie) a réaffirmé que la BCE était «toujours bien calibrée».