Que s’est il passé: Le rapport sur l’emploi américain du mois d’août a fait état de seulement 22'000 créations nettes de postes, un chiffre nettement inférieur aux attentes du marché et qui confirme le net ralentissement du marché du travail au cours des derniers mois. La moyenne mobile sur trois mois et six mois des gains mensuels d’emplois est tombée à 30'000 et 60'000, respectivement, tandis que le taux de chômage a augmenté. Le nombre de personnes hors de la population active qui souhaitent néanmoins trouver un emploi a également augmenté, signe de l’apparition de tensions supplémentaires au-delà de la seule mesure du chômage officiel.
Quelle lecture en faire: Cette évolution du marché du travail n’est pas surprenante au regard des changements de politique importants depuis l’entrée en fonction de l’administration Trump plus tôt cette année. Trois facteurs pèsent particulièrement: une baisse de l’immigration, qui réduit à la fois l’offre et la demande de travail; des tarifs douaniers plus élevés, que les entreprises gèrent en réduisant les coûts de main-d’œuvre et les marges plutôt qu’en augmentant les prix à la consommation; et les licenciements dans le secteur public, qui ont commencé au niveau fédéral et se sont désormais étendus aux emplois du secteur public des Etats.
Ce qui va suivre: Selon nous, ces données, associées à d’autres indicateurs économiques, offrent à la Réserve fédérale la marge de manœuvre nécessaire pour commencer à réduire les taux d’intérêt à partir de ce mois-ci. Les prochaines données sur l’inflation devraient confirmer que les hausses des droits de douane continuent d’être progressivement répercutées sur les prix des biens. Cependant, le ralentissement notable du marché du travail devrait aider à atténuer certaines des préoccupations de la Fed concernant des effets de second tour (par exemple des attentes d’inflation plus élevées) menant à une inflation plus persistante. Nous ne prévoyons pas de récession et anticipons toujours un retour relativement progressif à la neutralité à mesure que l’inflation se normalise. Cela dit, l’accumulation des signes de faiblesse du marché du travail justifie, selon nous, un rythme d’assouplissement monétaire plus rapide que ce que nous projetions précédemment.