Les prix à la consommation ont très légèrement progressé en août sur un an, modérés par un fort repli du coût des produits importés. Alors que les dépenses pour la santé se sont légèrement contractées, celles pour le logement pèsent toujours sur le portefeuille des Suisses.
Pendant la période sous revue, l’inflation a accéléré de 0,2% sur un an, tout comme le mois précédent, a indiqué jeudi l’Office fédéral de la statistique (OFS) dans son relevé mensuel. Sur un mois, l’indice des prix à la consommation (IPC) s’est par contre contracté de 0,1%.
Cette évolution est conforme aux prévisions des économistes interrogés par l’agence AWP. Ces deniers prévoyaient que le renchérissement s’établisse en août entre 0,1% et 0,3% sur un an. La variation mensuelle était attendue entre -0,1% et +0,1%.
Elle est également conforme aux attentes de la Banque nationale suisse (BNS), qui vise une stabilité des prix avec une inflation dans une fourchette de 0% à 2%. L’institut d’émission devrait donc avoir peu de raisons d’abaisser son taux directeur lors de sa réunion du 25 septembre.
Parmi les principaux postes de dépenses des foyers helvétiques, les loyers ont augmenté de 1,9% sur un an, tandis que les prix de l’alimentation et des boissons se sont contractés de 0,5% et ceux de la santé de 0,1%, ont détaillé les statisticiens fédéraux.
Le prix des consoles de jeux s’envole
Dans le détail, les plus fortes baisses ont été enregistrées pour les produits pétroliers comme le mazout (-9,2% sur un an) et l’essence (-8,4%), mais aussi les voitures d’occasion (-6%). A l’opposé, les prix pour les consoles de jeux (+41,1%) se sont envolés, de même que ceux du chocolat (+14,6%) et des légumes-fruits (+4,8%).
Hormis la structure de l’économie suisse qui est déflationniste, le directeur des investissements d’Oddo BHF Suisse, Arthur Jurus, a évoqué «un choc externe négatif lié à la hausse des droits de douane américains sur les exportations suisses». Pour l’expert de la banque privée, «ce choc pèsera davantage sur les marges des entreprises que sur les prix à la consommation, accentuant la faiblesse de l’inflation».
Selon M. Jurus, la BNS «a d’ores et déjà préparé le terrain technique à un retour aux taux négatifs, comme le montre sa politique actuelle de rémunération différenciée». Dans les prochains mois, la banque centrale pourrait donc opter pour un abaissement de son taux directeur à -0,25%, a-t-il ajouté.
La majorité des économistes prévoit une inflation entre 02,% et 0,3% cette année. Pour 2026, ils anticipent ce taux entre 0,2% et 0,5%.