Les investisseurs du monde entier qui avaient les yeux rivés sur les contrées sauvages du Wyoming il y a dix jours ont été récompensés par un regain d’optimisme, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, ayant adopté un ton plus accommodant dans son discours de clôture à Jackson Hole.
Les pressions de la Maison Blanche
Jerome Powell a laissé entendre qu’une réduction des taux pourrait bientôt se justifier et que le taux directeur actuel risquait de freiner l’activité économique américaine. Il a souligné les risques croissants de ralentissement sur le marché du travail, tout en notant un «équilibre curieux» entre la baisse des embauches et le durcissement des restrictions en matière d’immigration. Ses propos ont globalement renforcé les anticipations d’un assouplissement de la politique monétaire de la Fed dès septembre.
L’ancien président de la Fed de Saint-Louis James Bullard a récemment plaidé en faveur d’une baisse des taux de 100 points de base d’ici 2026.
Pour autant, l’autre problème de Jerome Powell, à savoir les pressions exercées par la Maison Blanche, demeure entier. Après Jackson Hole, le président Trump a de nouveau critiqué le président de la Fed, le jugeant «trop lent» à baisser les taux.
Prendre position pour une politique plus accommodante
Par ailleurs, les candidats à la succession de Jerome Powell font ouvertement campagne, en prenant publiquement position pour une politique plus accommodante. L’ancien président de la Fed de Saint-Louis, James Bullard, dont la candidature serait envisagée, a récemment plaidé en faveur d’une baisse des taux de 100 points de base (pb) d’ici 2026. Cette orientation correspond aux prévisions de la Recherche d’UBS, qui table sur une réduction de 100 pb à l’issue des quatre prochaines réunions.
Les données qui seront publiées en septembre, notamment les chiffres de l’emploi non agricole, l’IPP (Indice des prix à la production), l’IPC (Indice des prix à la consommation), l’IPC de base et les révisions annuelles des salaires, éclaireront également la trajectoire que prendra la Fed.
Se préparer à une volatilité périodique
L’agitation politique pourrait également provoquer une volatilité périodique des rendements et des actifs risqués. Pour le moment, les fondamentaux semblent solides et les droits de douane ne paraissent pas causer autant de dégâts que certains le craignaient initialement.
Avant la décision de la Fed en septembre, la Recherche d’UBS recommande de renforcer l’exposition aux titres qui génèrent des revenus de qualité, en particulier ceux classés «high grade» et «investment grade» à duration moyenne.