Il y a dix jours, le S&P 500 a atteint de nouveaux sommets, portant ses gains pour 2025 à près de 10%, encouragé par les prévisions du marché d’un retour à l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) lors de sa prochaine réunion en septembre.
Et ce, malgré des données américaines qui ne permettent pas de déterminer clairement si la hausse des droits de douane relance l’inflation. L’indice des prix à la consommation pour juillet, tout en confirmant que les surtaxes ont poussé les prix à la hausse, suggère un effet limité. Les données publiées peu après, qui font état de la plus forte hausse mensuelle des prix à la production depuis trois ans, étaient moins encourageantes.
Selon la Recherche d’UBS, les récentes données, en particulier le rapport sur l’emploi plutôt décevant pour le mois de juillet, renforcent la thèse d’un assouplissement imminent de la Fed. Elle table sur une réduction de 25 points de base (pb) le mois prochain, suivie d’une nouvelle baisse de 75 pb d’ici juin 2026. La baisse des taux directeurs devrait entraîner une diminution des rendements des bons du Trésor.
Par conséquent, on prévoit des rendements d’environ 5% pour les emprunts d’Etat et les obligations investment grade au cours des douze prochains mois. Les obligations de qualité sont également attrayantes si la croissance économique américaine déçoit et si les données s’affaiblissent plus que prévu, car les rendements devraient alors baisser rapidement et ainsi générer d’importants gains en capital.
A quoi peut-on s’attendre après la rencontre entre Trump et Poutine?
Malgré les efforts diplomatiques, les positions de la Russie et de l’Ukraine restent très éloignée. La méfiance et les divergences d’objectifs entre les deux pays rendront tout processus de négociation lent et les accords conclus devront être accueillis avec prudence. Selon la Recherche d’UBS, la guerre se poursuivra l’année prochaine, avec de nouveaux efforts diplomatiques et d’éventuelles tentatives pour réduire les hostilités, telles que des trêves aériennes.
Les droits de douane secondaires imposés par les Etats-Unis aux acheteurs d’énergie russe, notamment la menace d’une surtaxe de 25% sur les importations indiennes, pourraient perturber les marchés mondiaux du pétrole, mais des sanctions immédiates semblent peu probables. Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et l’Inde perdurent, les négociations ayant été reportées et les droits de douane utilisés comme moyen de pression, même si une escalade durable semble évitable si l’Inde fait des concessions.
Les risques géopolitiques devraient donc rester élevés, c’est pourquoi on considère que l’or reste une couverture et un instrument de diversification efficace au sein des portefeuilles. Le métal jaune bénéficie toujours de la demande des investisseurs et des achats des banques centrales mondiales, dont beaucoup cherchent à se diversifier pour réduire leur exposition au dollar américain.
Cela dit, on peut envisager différentes manières de se positionner dans la perspective d’un cessez-le-feu. Selon une évaluation de la Banque mondiale publiée en février dernier, le coût total de la reconstruction de l’Ukraine pourrait s’élever à 524 milliards de dollars, soit 2,8 fois le PIB nominal de l’Ukraine en 2024, au cours des dix prochaines années. La reconstruction en Ukraine devrait entraîner une forte demande dans tous les secteurs, ce qui profitera aux entreprises qui disposent de sites de production locaux et européens. Dans ce contexte, on identifiera certaines opportunités sur les marchés des obligations et des actions.
La rotation vers les segments plus défensifs du secteur technologique va-t-elle se poursuivre?
Alors que l’indice Nasdaq 100, à forte composante technologique, a également poursuivi son ascension vers des sommets inconnus, certaines des plus grandes entreprises technologiques ont chuté, en raison d’une rotation généralisée vers les valeurs de croissance à la traîne et les valeurs de rendement du secteur.
Les prévisions inférieures aux attentes communiquées par les entreprises de la chaîne d’approvisionnement de l’intelligence artificielle (IA), les rumeurs d’un retard potentiel dans la sortie des puces de nouvelle génération de NVIDIA et les pertes plus importantes que prévu de CoreWeave au deuxième trimestre ont toutes été des facteurs déterminants dans cette rotation.
La prochaine actualité majeure pour le secteur technologique n’est attendue que le 27 août, date à laquelle le fabricant de puces d’IA NVIDIA publiera ses résultats trimestriels. Dans l’intervalle, les investisseurs surveilleront toutefois si la rotation vers des secteurs plus défensifs de la branche se poursuit et si les leaders mondiaux publient de nouvelles prévisions.
La Recherche d’UBS reste confiante dans les perspectives à long terme de l’IA. Cela dit, cette dernière rotation a renforcé son point de vue. En effet, à court terme, les investisseurs devraient rechercher un positionnement plus équilibré sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA, y compris une exposition aux entreprises à la traîne dans ce domaine, telles que les sociétés Internet et les éditeurs de logiciels, ainsi qu’au secteur technologique chinois.