L’économie suisse a marqué le pas au deuxième trimestre, la création de valeur dans l’industrie et les exportations ayant affiché un net recul, a indiqué jeudi le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Les perspectives ne sont guère encourageantes en raison de la guerre commerciale, à en juger les indicateurs avancés.
Entre avril et juin, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a progressé de 0,1% comparé au partiel précédent et hors retombées des évènements sportifs, après une croissance de 0,7% entre janvier et mars, ont détaillé les économistes fédéraux dans un communiqué, confirmant leurs précédentes estimations de mi-août.
Sur un an, le constat est similaire. Le PIB a en effet crû de 1,6% au second trimestre, après une accélération de 2,0% au partiel précédent. Alors que la consommation privée (+1,6%) s’est à peu près maintenue au niveau du partiel précédent, les investissements en biens d’équipement (-0,6%) ont marqué le pas, soulignant la prudence des entreprises face à un avenir incertain.
Les exportations de bien ont quant à elles joué au yoyo, reflet des annonces sur les droits de douane américains. Après avoir bondi de 15,3% sur un an au premier trimestre, sous l’effet des achats d’anticipation avant l’entrée en vigueur de nouvelles taxes, elles ont ralenti à +2,7% pendant la période sous revue. A noter que les droits de douane de 39% qu’a imposé Washington sur les importations helvétiques sont entrés en vigueur le 7 août et ne se reflèteront qu’à partir du troisième trimestre dans les statistiques.
Pas de «grave récession» à craindre
Selon le Seco, «l’économie suisse devrait croître plus faiblement qu’attendu (...), en particulier en 2026 du fait de la hausse des droits de douane imposés par les Etats-Unis». Les experts s’attendent désormais à une progression du PIB de 1,2% cette année et de 0,8% la suivante, contre une hausse de respectivement 1,3% et 1,2% anticipée en juin.
«S’il n’y a pas lieu en l’état de craindre une grave récession, les conséquences économiques pour certaines branches et entreprises pourraient néanmoins s’avérer sérieuses», a averti le Seco.
Plusieurs indicateurs économiques avancés étayent ces perspectives pessimistes. Le baromètre conjoncturel du KOF en août a ainsi plongé de 3,9 points sur un mois à 97,4 points. Selon les auteurs du rapport, les perspectives en matière d’exportation et l’appréciation générale de la marche des affaires ont souffert de l’application début août de droits de douane de 39% sur les envois helvétiques en direction des Etats-Unis.
Le baromètre mensuel UBS-CFA dresse un tableau tout aussi pessimiste, l’indicateur ayant chuté en août à -53,8 points, après +2,4 points en juillet. Il s’agit de la baisse la plus marquée depuis la pandémie de Covid 19. Neuf experts sur dix s’attendent à une détérioration de la dynamique des exportations helvétiques au cours des six prochains mois.