Les bourses asiatiques évoluaient timidement mercredi, s’abstenant de toute prise de risques avant les résultats du géant américain des semi-conducteurs Nvidia. Son bilan de santé trimestriel permettra de prendre le pouls de l’industrie de l’intelligence artificielle.
Prudence sur les places boursières
A Tokyo, l’indice vedette Nikkei a avancé de 0,29% à 42’520,27 points, et l’indice élargi Topix a terminé quasiment à l’équilibre (-0,07%) à 3069,74 points. Dans la perspective des résultats de Nvidia, il y a eu des «fluctuations des titres japonais liés aux semi-conducteurs, en raison des achats anticipés et des ventes de liquidation», a commenté Ryotaro Sawada du Tokai Tokyo Intelligence Lab.
A Séoul, l’indice Kospi est monté de 0,25%. Du côté des Bourses chinoises, l’indice Hang Seng lâchait 0,88% à 25’299,48 points vers 06H20 GMT. L’indice composite de Shanghai perdait 0,91% à 3833,25 points, et celui de Shenzhen 0,65% à 2425,01 points.
Nvidia sous les feux de la rampe
Du quartier financier de Nihonbashi à Tokyo, qui abrite la Bourse de la capitale nippone, aux tours d’Exchange Square à Hong Kong, tous les yeux étaient braqués sur Nvidia, qui doit annoncer mercredi les résultats de son deuxième trimestre après la clôture de Wall Street.
«Nvidia est plus qu’un simple fabricant de puces. Il est devenu le centre de gravité du secteur de l’IA. Ses processeurs graphiques constituent l’épine dorsale des applications d’IA générative» et des infrastructures informatiques, rappelle Charu Chanana, stratégiste chez Saxo Markets.
Ses résultats «permettent donc de savoir en temps réel si le boom des investissements dans l’IA continue de s’accélérer ou commence à s’essouffler.» Et «compte tenu de son rôle prépondérant dans le domaine de l’IA et de son poids important dans les indices boursiers, ses résultats peuvent influencer le S&P 500, le Nasdaq et la confiance des investisseurs à travers le monde», ajoute Mme Chanana.
Les investisseurs surveilleront particulièrement la croissance dans le secteur des centres de données, coeur des ventes de Nvidia, et la solidité de la demande des géants du cloud comme Microsoft, Google et Amazon.
Incertitudes sur la Fed et la BoJ
Les marchés mondiaux ont largement ignoré mardi la nouvelle du limogeage par Donald Trump de la gouverneure de la Fed Lisa Cook. Le rendement des obligations d’État japonaises à 10 ans a par ailleurs atteint son plus haut niveau depuis 2008, dans un contexte de spéculations croissantes sur le calendrier des hausses de taux de la Banque du Japon limitant les achats de devise nippone.
Le yen lâchait 0,24% par rapport au billet vert à 147,75 yens pour un dollar vers 08h25. La monnaie japonaise était stable face à la devise européenne, à 171,69 yens pour un euro.
Nikon crépite
Avant les résultats de Nvidia, certains titres liés aux semi-conducteurs ont grimpé, comme les japonais Advantest (+4,49%) et Disco (+2,65%). Le géant des investissements dans les nouvelles technologies SoftBank Group a progressé de 0,98%. Le groupe japonais Nikon, présent dans les équipements industriels optiques et les appareils photo, s’est envolé de 20,73%, atteignant la limite journalière de croissance en points.
Selon des informations de l’agence Bloomberg, le franco-italien EssilorLuxottica, propriétaire de la marque Ray-Ban, envisagerait d’augmenter sa participation au capital de Nikon à 20%, au lieu de 9% environ aujourd’hui.
Le pétrole se stabilise
Sur le marché du pétrole, vers 08h15, le prix du baril de Brent de la mer du Nord était parfaitement stable à 67,22 dollars. Celui du baril de WTI américain évoluait peu (-0,03%) à 63,23 dollars. Tous deux s’étaient repliés la veille.
Sauf nouveau sursis de dernière minute du président américain, les droits de douane sur les produits indiens importés aux Etats-Unis devraient être portés à 50% mercredi, en représailles aux achats de brut russe.