La banque italienne UniCredit a annoncé lundi avoir porté à 26% sa participation directe dans sa rivale allemande Commerzbank, une opération qui la rapproche encore d’un possible rachat inamical.
L’établissement milanais, qui détenait jusqu’ici une exposition synthétique - en partie sans détention directe des titres - représentant environ 29% du capital, a «pris possession» d’actions physiques de la seconde banque allemande en les intégrant désormais dans ses comptes, selon un communiqué.
Le reste de cette position doit être transformé «en temps voulu», est-il précisé.
UniCredit «renforce ainsi sa position de premier actionnaire individuel de Commerzbank», a ajouté la banque dirigée par Andrea Orcel.
UniCredit n’envisage pas pour l’instant de solliciter un siège au conseil de surveillance de l’établissement francfortois, mais continuera de «suivre de près» les progrès de Commerzbank «dans le renforcement durable de son activité», conclut-elle.
De son côté, Commerzbank a assuré que «l’augmentation de la participation ne change rien à la situation fondamentale ni à notre position», dans un communiqué transmis à l’AFP.
La banque met en avant ses résultats financiers du premier semestre 2025, qui représentent le «meilleur résultat opérationnel jamais atteint par Commerzbank», à 2,4 milliards d’euros, de quoi la placer «dans une excellente position et en bonne voie pour devenir un acteur majeur parmi les grandes banques européennes».
Alors que Commerzbank reste détenue à 12% par l’Etat allemand, deuxième plus gros actionnaire, le gouvernement fédéral prend «simplement acte» de l’annonce d’UniCredit et réitère son rejet d’»approche non concertée et peu amicale» de l’Italienne, a déclaré Sylvie Ernoult, porte-parole du ministère des Finances, lors d’un point presse régulier.
Par conséquent, l’Etat, qui tient depuis le début des manoeuvres d’UniCredit à préserver l’indépendance de Commerzbank, «n’envisage pas de céder sa participation», a-t-elle conclu
A la Bourse de Francfort, le titre Commerzbank cédait 0,25% à 36,39 euros à 11H15 GMT, effaçant ses gains de la matinée.
Le cours a été multiplié par trois depuis l’entrée surprise d’UniCredit au capital en septembre dernier.
La banque italienne a progressivement renforcé sa participation, détenant déjà 20,2 % du capital avant la dernière conversion d’options.
Elle se rapproche du seuil de 30% qui, s’il est franchi, déclencherait une obligation de lancer une offre publique d’achat.
Face à cette pression, la présidente de Commerzbank, Bettina Orlopp avait jugé début août que la situation n’était «pas idéale», rappelant qu’UniCredit est à la fois un «grand investisseur» et un «concurrent», via sa filiale bavaroise HypoVereinsbank.