Les bourses mondiales évoluent sans direction commune vendredi, après la publication de plusieurs indicateurs économiques contrastés aux États-Unis, et avant la rencontre en Alaska entre les présidents Trump et Poutine sur la guerre en Ukraine.
En Europe, Paris a avancé de 0,67%, Francfort est restée stable (-0,07%) et Londres a cédé 0,42%. A Zurich, le SMI a avancé de 0,61%.
A Wall Street, vers 15H45 GMT, le S&P 500 perdait 0,39% et le Nasdaq 0,64%. Le Dow Jones gagnait 0,11%.
Les investisseurs sont à l’affût du moindre indicateur économique aux États-Unis pour évaluer les effets de la politique de hausse des droits de douane imposée par Donald Trump sur la première économie mondiale.
Ce vendredi, ils ont reçu des signaux contradictoires.
Côté pile, les ventes au détail ont progressé en juillet, pour le deuxième mois d’affilée et en parfaite conformité avec les attentes du marché, tirées en particulier par les ventes d’automobiles et dans le secteur de l’ameublement.
Côté face, la production industrielle a reculé de 0,1% sur un mois, alors que les consensus des analystes tablaient sur une stagnation. Et la confiance des consommateurs a rechuté au mois d’août aux Etats-Unis, contrairement aux attentes des marchés.
Ces indices sont publiés au lendemain de l’annonce de l’inflation côté producteurs (PPI) de juillet, bien plus forte que prévu, qui a accru les craintes d’une flambée des prix en raison des droits de douane, susceptible d’empêcher la Réserve fédérale américaine (Fed) de baisser ses taux.
«Les entreprises ont jusqu’ici largement absorbé les coûts liés aux droits de douane, mais la tendance pourrait s’inverser, avec des prix bientôt répercutés sur les consommateurs», commente Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
D’autant que «le rapport PPI de juillet ne tient pas compte des nouveaux droits de douane imposés le 7 août, notamment 35% sur les produits canadiens, 25% sur ceux en provenance d’Inde et 15% sur ceux de l’UE, du Japon et de la Corée», expliquent les économistes de Deutsche Bank.
Dans ce contexte, le rendement de l’emprunt américain à dix ans atteignait 4,31%, contre 4,29 la veille en clôture. A deux ans, il atteignait 3,74%, contre 3,72%.
Côté changes, le dollar perdait 0,49% à 1,1707 dollar pour un euro.
Le sommet Trump-Poutine attendu
Autre point d’attention des marchés: «le sommet Trump-Poutine en Alaska, où les deux dirigeants devraient discuter de l’Ukraine», mais dont les développements ne devraient pas survenir avant la clôture des marchés américains (20H00 GMT), commentent les économistes de Deutsche Bank.
«Même si une percée immédiate est peu probable, le sommet sera néanmoins un indicateur important pour les relations américano-russes et la guerre en Ukraine», poursuivent-ils.
La rencontre «en tête à tête» du président russe Vladimir Poutine et de son homologue américain Donald Trump sera suivie par un repas de travail, avec leurs conseillers.
Ils donneront ensuite une conférence de presse, la première depuis une apparition commune devant les caméras en 2018 à Helsinki.
Sur le marché du pétrole, vers 15H40 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord reculait de 0,83% à 66,28 dollars et celui du baril de WTI américain abandonnait 0,98% à 63,33 dollars.
Intel intéresserait l’administration Trump
Le géant des semi-conducteurs et microprocesseurs Intel, qui a bondi de 7,38% jeudi après des informations de l’agence Bloomberg selon lesquelles le gouvernement américain pourrait acquérir une participation dans l’entreprise, continuait d’être recherché vendredi.
Vers 15H50 GMT, son action grimpait de 4,53% à 24,94 dollars.
Pandora dégringole
L’action du bijoutier danois Pandora a plongé de 18,40% à 844,60 couronnes danoises à Copenhague après la publication de résultats du deuxième trimestre jugés décevants par le marché, notamment en raison d’un recul de la marge opérationnelle, causé par des pressions liées «aux taux de change, aux droits de douane et aux coûts des matières premières», selon le groupe.