Nous anticipons que la BCE laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion du 29 octobre, sans modification majeure de sa communication. La BCE maintiendra son approche réunion par réunion, fondée sur les données, sans fournir d’indications prospectives.
Les prix de l’énergie ont augmenté depuis la dernière réunion et se situent désormais au-dessus des niveaux retenus dans le scénario de référence de la BCE.
Jusqu’à présent, la BCE a relevé ses taux progressivement, en juin et en septembre, à la suite de la mise à jour des projections macroéconomiques de ses services. Nous nous attendons à ce qu’elle maintienne ce schéma et relève à nouveau ses taux en décembre. Les coûts d’emprunt plus élevés ayant déjà contribué au durcissement des conditions financières et les marchés des obligations souveraines étant soumis à des pressions croissantes, les responsables de la politique monétaire devraient éviter d’accentuer ces tensions en octobre. Il est important de noter que l’on observe encore peu d’effets de second tour liés à la récente poussée inflationniste. Nous ne voyons donc aucune raison pour que la BCE accélère le rythme de son resserrement monétaire.
La récente volatilité des marchés obligataires a soulevé la question d’une éventuelle intervention de la BCE. La conférence de presse devrait notamment porter sur la France et les réponses que la BCE pourrait apporter, y compris l’activation du TPI ou l’arrêt du resserrement quantitatif (QT). La question de l’éligibilité de la France au TPI devrait occuper une place importante. Christine Lagarde devrait souligner que la BCE dispose des outils nécessaires pour préserver la bonne transmission de la politique monétaire, qu’elle est prête à agir et qu’elle suit la situation de près. Elle devrait éviter de donner des précisions sur les critères d’éligibilité afin de conserver une certaine flexibilité. Nous continuons néanmoins de penser que le seuil d’intervention de la BCE reste élevé.
L’attention pourrait également se porter sur la succession de Christine Lagarde, alors que des rumeurs suggèrent qu’elle pourrait prochainement annoncer son départ, même si son mandat court jusqu’en octobre 2027. Nous ne nous attendons pas à ce qu’elle fournisse de nouvelles informations à ce sujet.
Nous continuons d’anticiper une nouvelle hausse des taux de 25 points de base lors de la réunion de décembre, ce qui porterait le taux de la facilité de dépôt à 2,75%, soit un niveau légèrement restrictif, où nous prévoyons qu’il restera jusqu’à fin 2027. Une nouvelle hausse des taux après décembre ne peut être exclue, mais elle dépendra de l’évolution de la situation au Moyen-Orient et de son impact sur les prix de l’énergie, ainsi que des conditions sur les marchés des obligations souveraines.