USA: l’inflation à la production (PPI) s’accélère aussi en septembre

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L’indice des prix à la production affiche une poussée de 6,3% sur un an, la plus forte hausse observée depuis septembre 2022, bien au-delà des attentes des analystes (+5,5%).

Les prix à la production ont connu à leur tour une forte accélération au mois de septembre, tirés par les conséquences de la guerre en Iran sur les prix de l’énergie, une mauvaise nouvelle supplémentaire pour les républicains et Donald Trump à moins d’un mois d’élections cruciales pour la suite de son mandat.

Au cours du mois écoulé, l’indice des prix à la production (PPI) a progressé de 6,3% sur un an, la plus forte hausse observée depuis septembre 2022, bien au-delà des attentes des analystes (+5,5% sur un an) selon le consensus publié par MarketWatch.

L’indice permet de jauger les pressions sur les coûts de production, qui sont le plus souvent répercutés jusque dans les magasins.

«Les prix de l’énergie restent la principale raison expliquant les mouvements du PPI, avec les produits raffinés au centre», a détaillé dans une note Matthew Martin, économiste pour Oxford Economics.

«L’accélération des prix du gazole vient ajouter une pression à la hausse» sur l’ensemble des prix, «en poussant les coûts du transport».

La poursuite du conflit en Iran et la forte hausse du coût du transport maritime pour les produits pétroliers, mais également celui en Ukraine, alors que Kiev a pris régulièrement pour cible les installations de raffinage russe ces derniers mois, viennent en particulier fortement peser sur les coûts du transport.

Conséquence, les prix du gazole se sont durablement installés au-delà de 6,50 dollars par gallon (3,8 litres), alors que ce carburant est principalement utilisé aux États-Unis dans le transport routier et l’agriculture, venant peser sur les prix finaux.

Le président américain a annoncé dans la semaine un accord avec Moscou afin d’augmenter les exportations russes de gazole dans l’espoir d’en faire baisser le prix aux États-Unis et ainsi déjouer les pronostics pour les élections de mi-mandat, qui pourraient voir les démocrates prendre le contrôle des deux chambres du Congrès.

Cette nouvelle publication intervient au lendemain de celle de l’indice des prix à la consommation de référence (CPI), qui a montré une nouvelle accélération, alors que le coût de la vie est parmi les sujets prioritaires des électeurs américains.

Pression sur la Fed

Les données de l’indice PPI viennent dans tous les cas ajouter de la pression sur le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), qui doit se réunir à la fin du mois.

Avec deux jours de données sur l’inflation «plus élevées qu’attendu, il semblerait que la Fed n’aura pas d’autre choix que de relever une nouvelle fois ses taux cette année», a ainsi estimé Chris Zaccarelli, responsable investissement à Northlight Asset Management.

Une éventualité qui était déjà largement intégrée par les marchés, qui envisageaient avant même la publication de l’indice CPI une hausse de 0,25 point lors de la dernière réunion de l’année, mi-décembre.

Ils sont en revanche très majoritaires à s’attendre à ce que la Fed laisse ses taux inchangés pour la réunion des 27 et 28 octobre, selon les données de l’outil de suivi de CME, FedWatch.

Plusieurs membres du FOMC se sont d’ailleurs exprimés ces derniers jours, avant la publication des données, l’idée que les taux ne bougeraient pas dans deux semaines.

Les entreprises sont confrontées à une réticence accrue de la part des consommateurs, qui limitent leur capacité à transmettre les hausses des prix de production vers le client final, relevait mercredi la Réserve fédérale (Fed) dans son rapport sur l’état de l’économie nationale.

Signe que ce transfert pourrait malgré tout se faire au moins en partie, les prix à la production, une fois mis de côté ceux de l’alimentation, de l’énergie et du commerce qui sont considérés comme plus volatils, se sont accélérés sur un mois entre août et septembre, reflétant une hausse des coûts pour les autres composantes.

Sur un mois, l’indice, en prenant tout en compte cette fois, a progressé de 1,3%, la plus forte hausse observée depuis mars 2022.

Le département du Commerce a dans le même temps publié les données de ventes au détail, pointant vers une hausse de 0,8% sur un mois.

Les données prennent en compte les évolutions saisonnières, mais pas l’inflation, la hausse des prix apparaissant cependant dans la hausse des ventes de carburant, en valeur, qui ont connu une augmentation marquée sur le mois.

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