Le dollar stagnait vendredi en attendant des chiffres sur l’emploi américain, relâchant à peine ses gains engrangés jeudi en qualité de valeur refuge face à l’envolée des taux d’emprunts.
Les statistiques sur l’emploi publiées plus tard dans la séance devraient aider la Réserve fédérale (Fed) à «sceller» sa prochaine décision monétaire, indique Kathleen Brooks, analyste chez XTB. A ce stade, le marché accorde 75% de probabilité à un maintien des taux directeurs américains de la Fed fin octobre, après son dernier relèvement en septembre, selon l’outil du Chicago Mercantile Exchange, FedWatch.
Les analystes sondés par Bloomberg et Marketwatch s’attendent à ce que le taux de chômage reste stable en septembre aux Etats-Unis, à 4,1%. Ils misent aussi sur un ralentissement des embauches, avec entre 84 et 90’000 créations nettes d’emploi, contre 162’000 en août.
Un chiffre «de 60’000 ou moins, accompagné d’une hausse du taux de chômage, pourrait provoquer une forte baisse des rendements des bons du Trésor» et plomber le dollar, estime Mme Brooks.
Vers 11h50, le billet vert lâchait 0,02% à la monnaie unique européenne, à 1,1247 dollar pour un euro, 0,09% à la livre britannique, et 0,28% au yen japonais.
Jeudi, les cambistes ont pourtant acheté du dollar pour se protéger de la flambée généralisée des taux obligataires, qui s’est depuis calmée. Elle s’explique par la hausse des prix du pétrole, la concurrence des géants de la tech sur le marché de la dette et les craintes sur la soutenabilité budgétaire des États.
Les investisseurs se montrent particulièrement méfiants envers la situation fiscale en France, dont le gouvernement vient de présenter son projet de budget 2027. Le rendement hexagonal a ainsi frôlé jeudi les 5%, grimpant à son plus haut niveau depuis 2002.
«Le net affaiblissement de l’appétit pour la dette française pose un sérieux problème» pour l’euro, car «la France est la deuxième économie de la zone euro» et le risque est que «les inquiétudes se propagent» aux autres membres, a souligné Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. Dévoilée vendredi, l’inflation dans la zone euro a grimpé en septembre à un nouveau sommet depuis trois ans, à 3,8%, contre 3,2% en août.
Mais ces données restent conformes aux prévisions de la Banque centrale européenne (BCE) et celle-ci «attendra très probablement jusqu’en décembre avant de relever à nouveau ses taux d’intérêt», a estimé Jack Allen-Reynolds, analyste de Capital Economics. En parallèle, les prix de l’énergie reculent vendredi, avec la perspective du déblocage de réserves européennes de diesel.