Le dollar se renforce jeudi, tirant son épingle du jeu en tant que valeur refuge face à la flambée obligataire, en raison de craintes sur la hausse des prix, en particulier de l’énergie, et d’inquiétudes sur la dette.
Les taux d’emprunts à 10 ans des Etats-Unis et de la France ont atteint jeudi un plus haut depuis 2002 et celui du Royaume-Uni a enregistré un nouveau sommet depuis 2007, alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que se pose la question de la soutenabilité des dettes nationales
Les rendements obligataires à long terme grimpent aussi, dépassant 6% pour la première fois depuis 1998 pour le 30 ans britannique.
«Les tensions sur le marché obligataire se répercutent sur le marché des changes», a souligné Kathleen Brooks, analyste chez XTB, qui «observe ce (jeudi) matin une ruée vers les valeurs refuges que sont le dollar et le franc suisse».
Vers 09h25 GMT (11h25 heure de Paris), le billet vert gagnait 0,30% face à la monnaie unique européenne, à 1,1296 dollar pour un euro, et 0,32% face à la devise britannique, à 1,3222 dollar pour une livre.
Aux Etats-Unis, les prix ont augmenté de 3,4 % sur un an en août, selon l’indice PCE publié mercredi, plus modéré qu’attendu mais seulement en raison de révisions statistiques.
De plus, «les dépenses de consommation restent solides et certains signaux suggèrent même une accélération de la croissance de l’emploi», ce qui soutient encore «l’idée que la Réserve fédérale (Fed) devra de nouveau resserrer» ses taux, selon Chris Turner, analyste chez ING.
Les créations nettes d’emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis, aussi publiées mercredi, ont en effet rebondi en septembre, d’après l’enquête régulière ADP/Stanford Lab.
Ce rapport permet de prendre le pouls du marché du travail américain en amont de la publication officielle des chiffres de l’emploi, prévue vendredi.
Plus tard dans la séance de jeudi seront dévoilées les demandes hebdomadaires initiales d’allocations chômage et l’indice ISM manufacturier pour septembre aux Etats-Unis, et plusieurs membres de la Fed prendront la parole.
Pourtant souvent considérée comme une valeur refuge, la monnaie nippone tombait aussi de 0,58%, à 158,32 yens pour un dollar, après la parution dans la nuit du compte-rendu de la dernière réunion de la Banque du Japon (BoJ) qui a déçu les investisseurs.
Certains «espéraient un signal plus fort indiquant que la BoJ était prête à procéder à une nouvelle hausse dès le mois prochain», a relevé Lee Hardman, analyste chez MUFG.