En cette fin d’été, les propositions démagogiques battent des records. Démagogiques? En France, les milliardaires devraient être «interdits», selon certains membres de l’extrême gauche. Aux Etats-Unis, des personnalités politiques veulent imposer nettement plus lourdement les revenus des millionnaires. Rien ne prouve que ces recettes ne comblent les déficits béants de ces deux Etats. En tous les cas, l’hostilité à l’égard des riches bat des records.
L’effet réel des propositions mérite d’être observé. Une étude de l’Institut libéral Cato, reprenant les dernières données disponibles du fisc américain (année civile 2023), révèle que la confiscation de tout revenu supérieur au million de dollars au cours des 10 prochaines années réduirait de seulement 80% le déficit fédéral, mais ne l’éliminerait pas.
«Selon l’indice 2026 de la prospérité dans le monde réalisé par Legatum, la Suisse se place au premier rang».
Les 161 millions de déclarations de revenus ont déclaré des revenus bruts totaux de 15'300 milliards (soit les salaires, plus-values, autres revenus, réduits par exemple des contributions). Les personnes déclarant au moins 1 million de dollars ont déclaré un total de 2'500 milliards de dollars et payé 747 milliards d’impôts fédéraux et aux Etats. Elles représentent 0,5% des contribuables et 29,5% des recettes. L’étude analyse l’effet d’un taux d’imposition de 100% sur les 1'700 milliards de revenus dépassant le million. Pour le Cato Institute, ces contribuables ont déjà versé environ 512 milliards de dollars d’impôts sur leurs revenus supérieurs au seuil. Il leur reste donc 1'200 milliards de dollars après impôts. Si le fisc décidait de tout confisquer ce qui dépasse le million de revenu, donc les 1'200 milliards, les recettes générées auraient été inférieures de 600 milliards au montant nécessaire pour couvrir le déficit public de 1'800 milliards de cette année civile. Ces estimations reposent sur l’hypothèse totalement irréaliste selon laquelle un taux d’imposition marginal de 100% n’aurait aucun effet comportemental ni aucune autre répercussion économique. La volonté de ponctionner au maximum un petit groupe de contribuables est démocratiquement possible mais économiquement cela ne mène nulle part.
Si l’exercice étend cette hypothèse peu plausible sur une période de dix ans, «la confiscation de tous les revenus supérieurs à 1 million de dollars ne couvrirait qu’environ 80% du déficit fédéral de 24'400 milliards de dollars prévu par le Bureau du budget du Congrès (CBO) pour la même période.» Et selon une hypothèse plus réaliste, basée sur la prolongation des programmes de dépenses et l’extension des taxes arrivant à échéance, soit un déficit de 29'400 milliards, même une limite de revenu à 500'000 dollars ne règlerait pas la question du déficit.
L’anti-capitalisme est en hausse
Il est évident que l’Etat social ne peut plus compter sur une hausse de la fiscalité des «millionnaires». Ces initiatives traduisent surtout l’hostilité croissante envers le capitalisme. Un sondage publié par Free Press révèle qu’à peine un tiers des Américains ont une opinion positive du capitalisme. L’avenir ne s’annonce guère brillant. Pour un tiers de la génération Z, les Etats-Unis iraient mieux s’il s’agissait d’un pays socialiste.
Pour redécouvrir les mérites du système capitalisme, il serait bon de le définir correctement. Selon un récent blog de l’institut Mises, il faut réserver le terme «capitalisme» à un système fondé sur les principes du laissez-faire, où la liberté n’est limitée que par des droits de propriété privée acquis pacifiquement, le terme «socialisme» à un contrôle centralisé et coercitif des moyens de production et le terme «interventionnisme» à des systèmes dans lesquels l’Etat intervient de manière sélective sur certains aspects de la production, tout en laissant les autres aspects s’autogérer, motivés par la recherche du profit et la volonté d’éviter les pertes.
La Suisse au sommet
Les faits donnent raison à ceux qui accordent la priorité à la liberté économique. Selon l’indice 2026 de la prospérité dans le monde réalisé par Legatum, et publié ces derniers jours, la Suisse se place au premier rang, devant la Norvège et l’Irlande. L’Allemagne est 7e, la Suède 8e, la France 21e. Ce classement analyse trois catégories de critères (liberté, développement et société, lesquels font intervenir quantité de facteurs. Comme le commente l’IREF, «la liberté économique est indissociable de la prospérité». Pourtant, la plupart des décisions politiques prennent le chemin inverse. Pourquoi s’étonner de la détérioration des perspectives des jeunes générations?