L'or tokénisé représente aujourd'hui un marché de 6 milliards de dollars. Il s'agit de la deuxième catégorie d'actifs réels tokénisés (RWA) après les bons du Trésor américain (14 milliards de dollars). Cette classe d'actifs a fait ses preuves et génère un volume important, atteignant 90,7 milliards de dollars rien qu'au premier trimestre 2026. Malgré ces chiffres encourageants, l'adoption par les institutions traditionnelles reste à ce jour anecdotique.
La raison de ce décalage réside dans la conception même de ces produits: la plupart ont été initialement pensés pour des traders actifs dans la cryptomonnaie, avant d'être proposés de manière rétroactive au marché institutionnel. La logique devrait pourtant être exactement inverse.
L’or, c’est un métier!
Pour s'imposer auprès des acteurs traditionnels, ces actifs requièrent une véritable expertise industrielle. Gold Token SA, l'émetteur du token DGLD, s'appuie sur MKS PAMP, un groupe suisse basé à Genève et actif dans l'affinage, le négoce et la distribution de métaux précieux depuis plus de 70 ans.
Contrairement à de nombreux projets reposant sur de simples dépositaires externes, le DGLD n'offre pas une exposition synthétique. Il constitue un titre de propriété direct, régi par le droit suisse, adossé à de l’or physique et alloué. Cet or est raffiné, stocké et géré de bout en bout par les équipes du groupe au Tessin, dans une usine qui transforme des centaines de tonnes d'or par an.
Peu d'émetteurs de tokens RWA peuvent revendiquer cette intégration verticale.
Deux cas d'usage qui comptent
L'or tokénisé constitue d'abord une évolution naturelle des ETF adossés à l'or, qui représentent déjà plusieurs centaines de milliards de dollars. La tokenisation offre une exposition similaire mais réduit les coûts de gestion, supprime des intermédiaires et abaisse les seuils de rédemption qui restent inaccessibles dans le cas des ETF (parfois à partir de 25 millions de dollars). Surtout, l’actif jouit d’une négociabilité continue, 24h/24 et 365 jours par an, tout en permettant une utilisation directe dans la finance décentralisée.
Le second axe, encore plus structurant, touche au marché du collatéral. Si l'or est un actif très liquide et qualitatif, prisé entre autres des banques centrales, son utilisation pour le financement à court terme reste freinée par des contraintes logistiques. La tokenisation lève cette barrière en transformant le métal physique en un actif digital transférable instantanément. L'or dormant devient un collatéral dynamique, capable de libérer du capital jusque-là immobilisé.
Juridiction, confiance et rédemption
Face à ces enjeux, les investisseurs institutionnels exigent une transparence absolue concernant la localisation du métal et le cadre juridique du token. Le modèle du DGLD répond à ces impératifs en ancrant son écosystème en Suisse. L'or est conservé dans des coffres suisses et protégé par le droit national de la propriété. Parallèlement, le token est émis par une entité régulée par l'OAR VQF, lui-même supervisé par la Finma.
Cette clarté réduit le risque de contrepartie et fournit la sécurité juridique indispensable à une adoption à grande échelle, au-delà des simples promesses technologiques.
Enfin, la crédibilité d'un tel actif repose sur la fluidité de la conversion entre le token numérique et le métal physique. Grâce à l'infrastructure de MKS PAMP, la rédemption n'est pas une fonctionnalité théorique mais un service opérationnel. Les particuliers peuvent convertir leurs tokens en or à partir d'un seul gramme via le réseau de distribution de l'entreprise. Les institutions bénéficient quant à elles d'une livraison n’importe où dans le monde en deux jours ouvrés, y compris pour des volumes importants.
Tous les actifs financiers ont commencé leur migration vers une représentation tokénisée. Les stablecoins l'ont fait avant les autres, et l'or, le plus ancien actif du monde, est le medium parfait pour circuler sur les rails les plus contemporains qui soient, ceux des blockchains publiques.