Banque: les besoins mondiaux en capitaux réglementaires abaissés

AWP

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Sur la base des chiffres publiés par les banques fin 2017, le Comité de Bâle estime les besoins à 25,8 milliards d’euros, un montant 70% plus faible que celui constaté à fin 2015.

Le Comité de Bâle, l’organisation internationale chargée de définir les règles mondiales du secteur bancaire, a revu jeudi à la baisse le montant de capitaux que les grandes banques de la planète doivent encore lever pour se conformer aux nouvelles règles de prudence.

Ces nouvelles règles ne doivent entrer pleinement en vigueur que très progressivement. Les banques ont ainsi jusqu’à 2027 pour se conformer à certaines d’entre elles.

Reste que si ces obligations avaient été appliquées dès l’an dernier, les besoins en capitaux à fin 2017 auraient été de 25,8 milliards d’euros pour les 111 plus importantes banques mondiales, soit un montant 70% plus faible que celui constaté à fin 2015, fait savoir le Comité de Bâle dans une étude.

L’an dernier, le Comité de Bâle avait estimé, sur la base des chiffres publiés par les banques fin 2015, que les besoins en capitaux avoisinaient les 90 milliards d’euros.

Principal raison de cet important recul, les banques ont levé dans l’intervalle près de 60 milliards d’euros de capitaux éligibles au rang de fonds propres «durs», c’est-à-dire les réserves jugées les plus sûres des banques pour faire face à d’éventuelles turbulences, détaille l’étude qui tient compte pour la première fois d’un ensemble de nouvelles règles décidé l’an dernier.

Signe des progrès réalisés, le comité note que le ratio de fonds propres «durs», indicateur clé de solidité financière, aurait atteint fin 2017 le seuil de 12,9% pour les 111 principaux établissements mondiaux, contre 12,5% à fin juin 2017, si l’ensemble des règles avaient d’ores et déjà été en vigueur.

Dernier round

Début décembre, les négociateurs internationaux chargés d’établir les règles bancaires mondiales étaient parvenus après d’âpres discussions à un accord apportant la touche finale à un vaste éventail de réformes lancé dans le sillage de la crise financière.

Cet accord avait ainsi permis de clore le chapitre des réformes dites de «Bâle III», qui ont considérablement renforcé les exigences de fonds propres réglementaires imposés aux banques et dont les principales mesures avaient déjà été mises en oeuvre depuis 2010-2011.

Le dernier round de négociations visait à définir certaines règles de calcul des risques présents dans les bilans des banques et surtout à réduire les disparités en la matière d’un établissement ou d’un pays à l’autre.

Dans une communication séparée, l’Autorité bancaire européenne a souligné de son côté jeudi que les 38 principales banques de l’Union européenne auraient besoin de lever 22 milliards d’euros de capitaux supplémentaires pour se mettre en conformité avec l’intégralité des nouvelles règles de Bâle.