Voyager en Asie après le COVID-19

Daryl Liew, Reyl Singapore

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L'Asie travaille d'arrache-pied pour relancer progressivement les voyages internationaux sans pour autant compromettre la santé.

L'activité commerciale en Chine se normalise progressivement dès lors que la situation liée au COVID-19 semble être sous contrôle. Un secteur, cependant, mettra plus de temps à se redresser: celui de l'industrie du voyage. Alors que les voyages internationaux sont encore quasiment inexistants, les restrictions aux frontières étant toujours de mise, les voyages domestiques ont quelque peu repris, les gens recommençant à se déplacer à l’extérieur après avoir été enfermés chez eux pendant si longtemps.

Les données relatives aux voyages en Chine, du fait des cinq jours de vacances pendant la «Golden week» de mai, en sont une illustration. 115 millions de personnes ont ainsi voyagé à l'intérieur du pays pour leurs loisirs durant cette période, les recettes touristiques s‘élevant à 48 milliards de RMB. Bien que ce chiffre soit en nette progression par rapport aux données concernant les voyages durant le long week-end de «Tomb-Sweeping» (Qingming) en avril, il représente toutefois une baisse importante de 42% et 59% par rapport aux chiffres enregistrés pendant les quatre jours de vacances en 2019.

Le mode de déplacement semble également avoir changé. Les déplacements en voiture de tourisme sont en effet privilégiés par rapport à l'avion ou au train, les gens évitant les transports de masse. Les voyages en train durant les vacances de la «Golden week» de mai ont considérablement diminué par rapport à la même période de l'année précédente: 6 millions de personnes contre 15 millions en 2019. Il faudra certainement plus de temps pour que la confiance des consommateurs ne revienne et que les voyages à plus longue distance en avion ou en train ne reprennent.

Une étape nécessaire à la reprise des voyages internationaux
consisterait à harmoniser les différents codes sanitaires.

À cet égard, la Chine a mis au point un système de code de santé QR en trois couleurs. Une fois que les personnes se sont inscrites avec leurs données personnelles, elles doivent répondre à des questions détaillées sur leur état de santé, leurs antécédents de voyage et si elles ont eu des contacts avec des cas confirmés de COVID-19. Un code de couleur leur est ensuite attribué. La couleur verte est obligatoire pour les voyages. Le jaune exige sept jours de quarantaine, tandis que le rouge signifie 14 jours de quarantaine.

Si ces systèmes de codes sanitaires peuvent fonctionner au niveau domestique, il reste à voir comment ils vont s'appliquer aux voyages transfrontaliers. Une étape nécessaire à la reprise des voyages internationaux consisterait à harmoniser les différents codes sanitaires ou systèmes de suivi que chaque pays utilise ou à convenir d'un protocole commun. Ce processus prendra du temps car les discussions se font sur une base bilatérale. La Chine et la Corée du Sud ont convenu d'autoriser les déplacements indispensables entre des villes spécifiques comme Séoul et Shanghai. Les visiteurs qui se rendent en Chine depuis la Corée du Sud doivent se soumettre à deux semaines sous contrôle strict et à un test COVID-19 avant de prendre l'avion, suivie d’une quarantaine de deux jours à leur arrivée en Chine, puis enfin d'un autre test pour confirmer que le visiteur est exempt de virus avant qu'il ne soit libre de vaquer à ses occupations.

De même, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont conclu un «accord» de voyage permettant aux personnes de circuler librement une fois que les vols seront jugés sûrs pour redémarrer. Les conditions de ces voyages n'ont toutefois pas encore été fixées. Singapour est également en pourparlers avec plusieurs pays afin de mettre en place des dispositions similaires de procédure accélérée pour les voyages impératifs. Bien que les frontières de Singapour restent fermées, les restrictions sont progressivement assouplies puisque les passagers en transit seront autorisés à repasser par Singapour à partir du 2 juin.

La normalisation de l'industrie du voyage sera longue à mettre en place dans le cadre du COVID-19, mais l'Asie travaille d'arrache-pied pour relancer progressivement les voyages internationaux sans pour autant compromettre la santé.