Deux propositions de gouvernance, SIMD-550 et SIMD-553, pourraient profondément modifier l’économie du SOL. Ensemble, elles devraient réduire de près de moitié le rendement du staking en deux ans, tout en rendant le SOL structurellement plus rare.
Cette baisse du rendement est-elle une mauvaise nouvelle pour les investisseurs en Solana? La réalité est plus nuancée.
Ce que changent concrètement SIMD-550 et SIMD-553
Le rendement du staking de Solana, d’environ 5,25% au 24 août 2026, provient principalement de l’inflation du protocole (3,78%), des frais de transaction et de la valeur maximale extractible (MEV).
SIMD-550 cible l’inflation du protocole. La proposition double le rythme annuel de désinflation de Solana, de -15% à -30%, permettant d’atteindre son taux d’inflation terminal de 1,5% dès 2029 plutôt qu’en 2032. Le rendement nominal du staking tomberait ainsi à environ 4,34% la première année, 3% la deuxième et 2,25% la troisième.
SIMD-553 introduit de nouveaux frais de destruction. Au niveau actuel d’activité du réseau, la quantité de SOL détruite quotidiennement passerait d’environ 600–800 à 7'500–9'000 SOL. Combinées, les deux propositions devraient réduire les émissions d’environ 1,4 à 1,5 milliard de dollars sur six ans.
Quel impact pour Solana?
La baisse des rendements pourrait fragiliser les petits validateurs et accroître la concentration du réseau. Selon les projections, 2 des 738 validateurs deviendraient non rentables la première année, contre environ 30 la troisième. Cette pression pourrait s’accentuer en fonction du niveau des frais introduits par SIMD-553.
Mais la réduction du rendement vise aussi à réorienter les capitaux du staking vers des usages productifs. À long terme, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité de Solana à développer son économie on-chain, notamment dans les actions tokenisées et les stablecoins. Le réseau traite déjà plus de 22% des transactions en stablecoins en 2026, alors qu’il ne représente qu’environ 5% de l’offre mondiale.
À court terme, les conséquences devraient donc principalement peser sur les validateurs et les participants au staking. À plus long terme, l’enjeu sera de savoir si Solana peut transformer la baisse des émissions en une économie on-chain plus active.
La baisse du rendement du staking est bien réelle
La contraction des revenus est directe: les revenus issus du staking évoluent proportionnellement au rendement nominal. Une baisse d’environ 6% à 3% dans les deux années suivant l’adoption de SIMD-550 réduirait approximativement de moitié les revenus de staking par unité de SOL stakée, toutes choses égales par ailleurs.
Il convient toutefois de considérer la logique structurelle derrière cette réduction. Le taux de staking de Solana s’élève à environ 67,93%, soit presque deux fois celui d’Ethereum, à 34,14%. Les propositions visent notamment à réorienter une partie des capitaux immobilisés dans le staking vers des usages productifs au sein de l’économie Solana.
L’idée est qu’un staking moins rémunérateur inciterait les investisseurs à rechercher de meilleurs rendements ailleurs on-chain, notamment dans la finance décentralisée (DeFi) et d’autres cas d’usage. Cette activité pourrait accroître l’utilisation du réseau et les revenus issus des frais, tout en encourageant les développeurs à créer de nouvelles applications.
Nous estimons que l’inflation devrait être liée aux performances économiques et à la croissance afin de contribuer à compenser la baisse des revenus du staking. À long terme, la MEV et les pourboires devraient devenir les principales sources de revenus des participants au staking, même s’ils devraient progresser d’environ 55 à 95% pour compenser intégralement cette perte.
Enfin, rien n’indique que le taux d’inflation plus élevé ait freiné l’adoption de Solana au cours du dernier cycle. Ses principaux obstacles ont davantage été d’ordre réputationnel et opérationnel: son association avec FTX, son image de blockchain principalement dédiée aux memecoins et les interruptions du réseau, plutôt que la dynamique de son inflation.