Semiquincentennial

Nicolas Mougeot, BCGE Wealth and Asset Management

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Semiquincentennial. Voilà un mot presque imprononçable qui désigne le 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, célébré le 4 juillet.

 

Si les Américains vivent une période de festivités, cet anniversaire est aussi l'occasion de dresser le bilan de cette première moitié d'année et de se demander s'il y a, sur les marchés financiers également, matière à célébrer.

Chacun se fera sa propre opinion sur la capacité de l'intervention militaire israélo-américaine en Iran à instaurer une paix durable. Une chose est toutefois certaine: elle a ravivé l'incertitude, tant sur le plan économique que financier. Certes, le prix du baril de pétrole est retombé ces derniers jours sous les 70 dollars, retrouvant son niveau d'avant le déclenchement des opérations militaires. Mais cet épisode a renforcé les interrogations quant à la capacité des banques centrales à maîtriser l'inflation. La Banque centrale européenne a ainsi poursuivi l'ajustement de sa politique monétaire par une hausse de 25bps, tandis que la Réserve fédérale américaine a choisi le statu quo. Une décision qui, en soi, constitue presque une intervention puisque les marchés anticipaient encore, en début d'année, une baisse des taux au cours du premier semestre.

Malgré cet environnement incertain, les marchés actions ont poursuivi leur progression, mais pour des raisons sensiblement différentes selon les régions. En Suisse, le SMI a gagné près de 7% au premier semestre, porté notamment par les excellentes performances d'ABB, de Kuehne + Nagel et de Novartis. Plus encourageant encore, cette progression repose essentiellement sur une amélioration des bénéfices attendus plutôt que sur une expansion des multiples de valorisation.

Au-delà des célébrations du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, les marchés actions ont eux aussi de nombreuses raisons de se réjouir. 

Les actions européennes affichent elles aussi un solide parcours, avec une hausse proche de 9% depuis le début de l'année, soutenue aussi par des perspectives bénéficiaires en amélioration. Aux États-Unis, le S&P 500 progresse également de plus de 9%, alors même que son ratio cours/bénéfices prévisionnels est passé de 22 à 20 fois. Autrement dit, les anticipations de bénéfices ont progressé encore plus rapidement que les cours des actions. Les secteurs de la technologie, de l'industrie et de l'énergie ont été les principaux moteurs de cette performance.

Au-delà des grands indices, trois thèmes se sont particulièrement distingués au cours de ces six premiers mois: le Japon, les petites capitalisations américaines et l'intelligence artificielle dans les marchés émergents. Souvent sous-pondéré dans les portefeuilles des investisseurs suisses, le marché japonais a réalisé un parcours remarquable. Le Nikkei 225 a progressé de près de 40%, soutenu par le rebond des valeurs industrielles et par la forte demande adressée aux entreprises liées à l'intelligence artificielle.

L'IA constitue également un moteur majeur des marchés émergents. L'indice MSCI Emerging Markets affiche ainsi une progression de plus de 20% depuis le début de l'année, portée notamment par l'envolée de SK Hynix et de Samsung Electronics, deux acteurs incontournables de la chaîne de valeur des semi-conducteurs destinés à l'intelligence artificielle. «Amazing», dirait sans doute un certain président.

Celui-ci ne manquerait pas non plus de souligner le spectaculaire rebond du Russell 2000, l'indice des petites capitalisations américaines, en hausse de près de 22% en seulement deux mois. Cette performance mérite toutefois d'être nuancée: elle s'explique principalement par une expansion des multiples de valorisation plutôt que par une amélioration des bénéfices attendus. Le Russell 2000 se négocie désormais autour de 29 fois ses bénéfices futurs, contre environ 23 fois pour le Nasdaq 100, dont les entreprises technologiques disposent pourtant d'un potentiel de croissance bénéficiaire important grâce au développement continu de l'intelligence artificielle.

En définitive, au-delà des célébrations du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, les marchés actions ont eux aussi de nombreuses raisons de se réjouir. Quelle que soit la région, leur progression s'est construite dans un environnement géopolitique particulièrement incertain mais plus important encore, elle repose largement sur une amélioration des bénéfices des entreprises plutôt que sur une simple revalorisation des marchés, un facteur généralement plus durable. Espérons que cette dynamique se poursuive au cours de la seconde moitié de l'année.

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