Résilience: le rôle des marchés privés

Nils Rode, Schroders Capital

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Le conflit iranien souligne l’importance de constituer des portefeuilles résilients et de procéder à une allocation sélective aux marchés privés.

 

Au cours de l’année écoulée, un thème s’est imposé: construire des portefeuilles capables de résister à un environnement mondial plus volatil, marqué par tensions géopolitiques, des disruptions technologiques, une transition énergétique et divergences démographiques.

Les récents événements ont renforcé cette constatation. Le conflit en Iran et la volatilité des prix du pétrole ont accru l’incertitude d’un contexte déjà fragile, rappelant la vulnérabilité des allocations traditionnelles. Pour les investisseurs de long terme, l’enjeu est clair: générer des rendements attractifs malgré des défis macroéconomiques persistants.

Pourquoi les marchés privés – et pourquoi maintenant

Dans ce contexte, les marchés privés apparaissent particulièrement pertinents. Leurs avantages structurels en période de volatilité, combinés à un découplage cyclique, en font une allocation attrayante, tant à court qu’à long terme.

Moins sensibles aux fluctuations des marchés cotés, ils s’appuient sur des structures fermées qui favorisent un déploiement opportuniste du capital et une meilleure gestion des sorties. Leur spécialisation élargit également l’univers d’investissement, notamment dans les segments niches, les entreprises domestiques et les actifs à faible corrélation.

Sur le plan cyclique, plusieurs segments ont connu une sous-activité prolongée, créant ainsi des points d’entrée attractifs en dehors des grandes transactions.

La sécurité énergétique continue de soutenir le développement des énergies renouvelables, où les avantages du capital privé sont particulièrement visibles.

Toutes les stratégies de marchés privés ne présentent pas le même niveau de résilience

Les avantages des marchés privés ne sont pas uniformes. La résilience varie en effet selon les segments:

  • En private equity, les small et mid buyouts et les véhicules de continuation sont plus robustes que le reste du marché. 
  • En venture, les phases initiales restent attractives, tandis que les investissements tardifs dans l’IA concentrent des risques élevés. 
  • En dette privée, les débats sur le direct lending contrastent avec la solidité d’un univers plus large de crédit. 
  • En immobilier, l’écart entre les actifs prime et les secondaires s’accentue. 
  • En infrastructure, les actifs opérationnels à revenus contractualisés gagnent en valeur. 

L’accent mis sur les segments les plus résilients – les small et mid-market, la création de valeur opérationnelle, le crédit diversifié et les actifs essentiels – reste un axe constant, aujourd’hui validé par l’environnement.

Private equity: la fin du «bigger is better»

La collecte reste modérée, ce qui permet de maintenir des points d'entrée attractifs, malgré une reprise encore fragile des sorties. Les opportunités les plus convaincantes se situent dans les small et mid-cap, qui bénéficient de décotes de valorisation significatives et d’un potentiel de transformation plus élevé. Leur récente surperformance confirme que ces décotes se traduisent par un meilleur potentiel de rendement.

Les véhicules de continuation, en forte croissance, s’imposent comme une alternative structurelle aux transactions sponsor-to-sponsor, avec des profils de rendement plus prévisibles et des frais réduits. En venture, la divergence persiste: les opportunités early stage restent solides, tandis que les segments tardifs dominés par l’IA appellent à la prudence.

Dette privée et crédit alternatif: privilégier la diversification

Malgré les inquiétudes concernant le direct lending, les mécanismes de gestion de liquidité permettent de limiter les risques systémiques. Dans un contexte de recherche de rendement, un large éventail de stratégies de crédit offre des opportunités attractives et diversifiées, notamment via des approches adossées à des actifs ou à des contrats. Parmi celles-ci, la dette d’infrastructure, la dette immobilière commerciale ou le financement adossé à des actifs présentent des profils résilients, souvent à taux variable. Les titres liés à l’assurance apportent par ailleurs une décorrélation précieuse face aux risques macroéconomiques.

Infrastructure: des vents porteurs liés à la transition énergétique

La sécurité énergétique continue de soutenir le développement des énergies renouvelables, où les avantages du capital privé sont particulièrement visibles. Le conflit en Iran renforce encore la logique de transition énergétique, même si sa mise en œuvre restera progressive et dépendante des politiques publiques. À court terme, les actifs opérationnels bénéficient de prix de l’énergie élevés.

Après l'ajustement des valorisations lié à la hausse des taux, de nouvelles opportunités d'investissement apparaissent. Par ailleurs, la demande d’électricité liée à l’IA et aux data centers constitue un moteur structurel pour les infrastructures énergétiques.

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